Brest Métropole

Le portrait social du quartier de Saint Marc par l’ADEUPA vient de paraître

Portrait social de Brest Métropole par l’ADEUPA http://www.adeupa-brest.fr

L’ADEUPA, l’agence d’urbanisme de Brest Métropole et de son pôle métropolitain, vient de faire paraître une étude détaillant le « portrait social » du territoire dans le cadre de son observatoire social. Réalisé à partir des données de l’Insee pour les 7 grands quartiers de Brest, les 8 communes, la métropole et le Pays de Brest, il donne à voir les évolutions en termes de population, d’habitat, d’activité et d’emploi, de revenus, d’éducation, de déplacements…

Conseillère départementale du canton de Brest 5 Europe-Saint Marc, je me suis penchée sur le quartier de mes administré.e.s, Saint-Marc, qui est aussi mon territoire de vie au quotidien. J’en ai retenu quelques chiffres qui sont autant de guides pour l’action :

Avec seulement 36 % de la population qui a moins de 30 ans, c’est le quartier le moins jeune de Brest.

La confirmation de la tendance forte au vieillissement du quartier est accompagnée d’une baisse démographique. C’est le signe d’un départ des familles vers d’autres quartiers et d’un faible turn-over. Il faudra intensifier la réflexion collective « bien vieillir » lancée depuis un peu plus d’un an par la municipalité et tous les acteurs du quartier, notamment afin de mieux prendre en compte le risque de solitude ou d’isolement social. Dans l’IRIS de Kerangall-Kérampéré une personne sur trois est âgée de plus de 60 ans ! En appartement (50 % des ménages vieillissants) ou dans la zone pavillonnaire, l’adaptation de l’habitat au grand âge de ses occupants est une priorité.

• Un ménage sur deux est composé… d’une seule personne

Cette moyenne est aussi celle de la ville centre. Cela signifie que, même si le quartier perd des habitants, il faudra construire plus de logements. Ceci n’est paradoxal qu’en apparence. Se retrouver seul.e, avec parfois un léger handicap lié à l’âge, avec moins de ressources, nécessite de pouvoir intégrer un logement adapté à ses nouveaux besoins. Or, faute d’offre suffisante, ces personnes seules occupent les grands appartements ou les pavillons qui seraient nécessaires au logement des nouvelles familles, bloquant la fluidité du parcours résidentiel dans le quartier. Il faut donc offrir plus de produits-logements diversifiés dans le quartier de Saint Marc, pour s’adapter à la réalité des parcours de vie des personnes. Or, l’augmentation moyenne du nombre de logements par an est deux fois plus faible qu’ailleurs dans la ville de Brest, ce qui fait de la densification du quartier un autre priorité.

•8,7 % des logements du quartier sont vacants

Ce qui est supérieur à la moyenne brestoise, avec une concentration autour de Keruscun-Sebastopol-Poul ar Bachet-Petit Paris. Cette vacance se concentre sur des typologies d’habitat d’avant-guerre, dont les immeubles de rapport souffrent de la faiblesse des copropriétés qui ne peuvent investir dans les rénovations nécessaires. Bas loyers qui logent de bas revenus, petits logements, quasi-insalubrité : la nécessité d’une rénovation urbaine importante de ces quartiers proches du centre-ville se fait jour, comme ce qui a été entrepris à Saint Martin et à Recouvrance.

• 73 % d’actifs dans le quartier, dont 20 % de cadres, record brestois.

46 % des actif.ive.s sont ouvrier.ère.s et employé.e.s. Pour autant, le chômage a augmenté de 2,2 % sur la période depuis 2013, mais les chômeurs restent inférieurs en nombre par rapport aux autres quartiers. La part des jeunes (jusqu’à 24 ans) parmi les chômeurs augmente plus vite que les autres tranches d’âge. A mettre en balance avec le fort taux d’études supérieures : plus d’un jeune sur deux dans le quartier poursuit des études après le bac, et le taux général de jeunes diplômés est bien supérieur à celui de la ville. Développer et diversifier le nombre d’emplois, et donc l’activité en général sur le quartier pour équilibrer par rapport au résidentiel, semble une piste intéressante pour répondre aux besoins.

• Le revenu médian est supérieur à celui de la Métropole.

Des disparités importantes entre le nord et le sud du quartier sont à souligner : si Forestou-Le Bot-Pont Neuf – Kérangall – Kérampéré font figure de quartiers riches, il n’en est pas de même pour le reste des ménages saint-marcois. Aucun de ces derniers ne figurent dans la tranche des plus bas revenus, ce qui fait que le taux de pauvreté est globalement très inférieur à celui de la ville sur l’ensemble du quartier. Ce qui doit focaliser l’attention c’est le creusement des inégalités et la nécessaire cohésion sociale du quartier, pour laquelle de grands efforts devront être faits pour contrer la tendance naturelle à la ségrégation sociale.

• Seulement 70 % des actif.ive.s habitant Saint-Marc travaillent à Brest

Ce qui explique peut-être que seul.e.s 13 % des actif.ive.s utilisent les transports en commun pour aller travailler. La proximité des grands axes routiers peut expliquer le choix de résidence à Saint Marc des cadres qui composent une bonne partie de la population active. Ces automobilistes doivent être sensibilisés à l’échelle de mobilité adaptée au quartier où ils résident, par des encouragements aux trajets à pieds, à vélo, en transport en commun, ces derniers devenant plus pratiques et plus désirables que le réflexe automobile.

En conclusion, une étude courte et synthétique très inspirante, qui marque l’évolution métropolitaine (vieillissement, richesse, polarisation interne et inégalités croissantes) de ce quartier de ville. C’est un regard global et donc un travail d’équipe qui est nécessaire pour élaborer un projet urbain et social qui réponde aux enjeux identifiés. La métropole (urbanisme, habitat, services de proximité), le département (social, vieillissement, handicap), la région (activités économiques, formation) doivent raffiner leurs approches territoriales pour cibler leurs dispositifs au plus près. J’y concoure avec détermination.

Previous Post Next Post

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.