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Brest Métropole

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La Fabrique Citoyenne du Bien Vivre

Brest est une ville forte, à taille humaine, où il fait bon vivre grâce à l’engagement de ses habitant.e.s et à la culture de la solidarité qui lie collectivité, associations, et citoyen.ne.s. Et demain ? Comment faire vivre cette culture commune dans un monde en transition ?

Pour réfléchir ensemble au programme de gauche à porter lors des prochaines municipales, nous organisons un cycle d’ateliers participatifs ouverts, avec trois thématiques :

  • Bouger / accéder le jeudi 6 juin à 20h à la MPT de Lambézellec. Quelles mobilités demain à Brest ? Se déplacer collectivement et individuellement, mais aussi accéder au logement, aux commerces et aux services quels que soient ses moyens, son handicap ou son âge, comment organiser une ville pour tous…
  • Se réaliser / être en lien, dans le courant du mois de juillet à Recouvrance (date et lieu à confirmer). Travailler, étudier, se cultiver, participer à la vie associative…
  • Etre en confiance / partager, dans le courant du mois de septembre au centre ville (date et lieu à confirmer). Evoluer en sécurité, organiser la solidarité, penser les espaces publics…

C’est un dispositif très rythmé qui propose en ouverture quelques interviews d’habitant.e.s sur le thème à traiter, puis l’intervention d’un témoin, acteur associatif ou praticien, qui proposera un point de vue et une problématique et enfin la mise en participation des personnes présentes sous forme de tables de 5 à 8 personnes qui produira des propositions selon la matrice Conserver/Cesser/Créer.

Nous invitons largement toutes celles et ceux qui souhaitent imaginer un projet collectif pour le futur social, écologique et humain de notre ville à venir contribuer à ces ateliers ouverts.

Brest Métropole

Brest Métropole avance, se transforme, se développe, et son carburant, c’est l’Europe !

Unie dans la diversité

J’ai eu l’honneur de prononcer les propos introductifs au Conseil de Métropole du 26 avril 2019 dernier. Voici mon intervention :

Monsieur le Président, Chè.e.r.e.s Collègues,
Pour les habitantes et les habitants qui regardent peut-être pour la première fois ce conseil métropolitain en vidéo, j’ai un message simple : Il y a 46 délibérations à l’ordre du jour de ce conseil qui montrent que Brest Métropole avance, se transforme, se développe, et son carburant, c’est l’Europe ! Donc le bulletin de vote que vous glisserez – ou pas ! – dans l’urne dira qui va décider là-bas de notre avenir ici… Il est bon de le rappeler, à l’heure où 74 % des jeunes interrogés par le Journal du Dimanche déclarent qu’ils n’iront pas voter aux élections européennes le dimanche 26 mai prochain, et que d’une manière plus générale 59 % des français du panel IFOP interrogé il y a quelques jours ont l’intention de s’abstenir. Quand on connait comme je le connais l’importance de l’enjeu, ça fait froid dans le dos…

A bon entendeur : toutes les délibérations de ce conseil sont concernées, toutes, soit directement par des fonds, soit indirectement du fait de l’environnement réglementaire, par des politiques européennes, et certaines, comme par exemple la numéro 24 procèdent directement d’un programme européen. Renewable Energy Region, c’est le nom de ce projet, est un exemple parfait pour décrire comment l’Europe nous aide à projeter la Métropole dans l’avenir en relevant le défi majeur de ce futur si incertain : accélérer les transitions, mais de manière solidaire avec les territoires qui sont en interdépendance avec la Métropole. L’Europe ça aide à innover, à avancer plus vite, et surtout avec tout le monde !

Dans RegEnergy il s’agit de créer une alliance avec la Communauté de Communes du Kreizh Breizh (du centre Bretagne) pour produire de l’énergie renouvelable, et que chacun puisse répondre aux objectifs issus de l’urgence climatique. Nous amenons le projet, l’argent européen du projet, et nous mettons à disposition l’ingénierie complexe pour développer le projet – ils sont le territoire où va se produire l’énergie décarbonnée dont nous avons besoin tous ensemble. Sans l’opportunité de cette coopération Interreg, aurions-nous seulement eu l’idée de ce partenariat original, et surtout combien de temps aurait-il fallut pour que nous trouvions les moyens pour le réaliser ?

L’Europe est partout dans nos politiques publiques, surtout dans les plus innovantes et les plus solidaires, ce projet du contrat de réciprocité Ville-Campagne avec le Pays du Centre Ouest Bretagne nous le prouve. C’est la raison pour laquelle nous avons adopté le 1er février dernier une Stratégie Métropolitaine Européenne de Territoire : pour donner à lire ces enjeux et pour fédérer tous les acteurs autour d’un plan d’action à construire ensemble pour capter toutes les opportunités possibles et parer ensemble les menaces potentielles.

Freiner la construction européenne, réduire son ambition, diminuer ses moyens, c’est mettre Brest Métropole en panne. Si vous aimez ce territoire, si pour vous « ici c’est Brest » ça veut dire qu’on est bons parce qu’on sait faire ensemble, alors votez aux européennes, et votez pour des gens qui ont de l’ambition pour l’Europe. Loin des clichés d’un ramassis de lobbyistes sans âmes et de technocrates malfaisants, l’Europe peut tout à fait ressembler à ce que nous essayons nous-même de bâtir à la pointe bretonne : une alliance de territoires engagés pour que chacune et chacun de ses citoyens, quels que soient ses besoins, y compris d’être protégé et accompagné, ait le meilleur avenir possible dans un monde vivable. Nous, petit territoire excentré à la pointe, nous métropole coopérative, nous territoire maritime ouvert et confronté à la mondialisation, nous avons terriblement besoin d’une Europe au service de notre projet de développement durable, protectrice des solidarités et de l’intérêt général.

Comment faire ? Sachez que les nouvelles politiques européennes pour la période 2021-2027 seront décidées par les nouveaux parlementaires. Ce sont eux qui vont décider du cadre et des ressources de notre futur développement. Je m’explique. Les fonds de cohésion représentent presque 1 milliard d’euros pour la Bretagne dans la programmation 2014-2020 – et je ne vous parle même pas de la politique agricole commune, des fonds spécifiques pour les laboratoires de recherche ou des prêts massifs pour les grands projets dits prêts Juncker. Pensez-vous une seconde que nous pourrions faire sans ? Que notre Etat national abonderait magiquement sa dépense publique pour financer nos projets de développement local, et pas les siens en priorité ?

En France, ce sont les collectivités locales, quelles que soient leur taille et leur richesse, qui sont en première ligne pour faire face aux défis de la transition. Lutter contre le réchauffement climatique, construire des plans alimentaires locaux, augmenter la part du bio dans les cantines, faire en sorte que tous aient accès au numérique et sache s’en servir… l’Etat-nation sur tous ces sujets est inefficace, voire défaillant, voire dysfonctionne, et c’est l’Europe, dans une relation directe, qui nous donne les moyens d’agir, d’organiser notre résilience locale avec nos territoires alliés, nos coopérations.

Encore quelques chiffres pour convaincre les derniers sceptiques. Entre 2014 et 2018 ont été programmés :

  • 11,8 millions d’euros de Fond Social Européen pour des actions d’insertion sur le territoire du Pays de Brest
  • 11 millions d’euros de FSE pour les actions de formation professionnelle du programme Bretagne Formation de la Région Je me permets de souligner que ces fonds bénéficient en direct aux habitantes et habitants du pays de Brest qui sont concernés par le retour à l’emploi ou la formation : l’Europe c’est pour les gens, pas seulement pour les grands équipements !
  • 38 millions d’euros de FEDER, le fond européen de développement, dont par exemple 15 millions pour le nouveau quai des énergies marines du port qui représente notre avenir industriel et 4 Millions pour le téléphérique
  • 10 millions de FEDER au titre des projets de coopération territoriale européenne où des acteurs du territoire sont partenaires comme IFREMER, l’UBO, le Technopôle, la Maison de l’Emploi …

A travers l’enveloppe de 10 millions d’euros de FEDER dont la programmation est confiée à la Métropole, l’Europe accompagne des projets qui sont le visage de la Métropole de demain : le transport urbain collectif en site propre, le futur pôle d’échange multimodal de la gare, la réhabilitation thermique du parc de logement social de plusieurs bailleurs sociaux sur le territoire, le futur portail numérique de services aux familles… ce ne sont que quelques exemples.

Envoyer au parlement des élus motivés par la construction européenne, donner plus de pouvoir aux parlementaires par rapport aux Etats Nationaux pour réguler la financiarisation du monde et faire à nouveau prévaloir le citoyen et la planète, c’est notre meilleure assurance vie dans un monde de géants pas toujours démocrates et jamais désintéressés.

L’Europe n’a rien d’une chimère opaque et distante, elle structure et irrigue le quotidien de chacun : droits politiques, droits sociaux, droits économiques, liberté de circulation. Nos voisins du Royaume Unis commencent à s’en rendre compte, eux qui voient avec angoisse poindre la fin de cette citoyenneté européenne. Ils commencent à comprendre qu’ils vont être livrés, isolés et faibles, à l’appétit des économies prédatrices dirigées par les populistes ultralibéraux qui exercent le pouvoir à l’Est comme à l’Ouest.

Pour autant la réalité européenne d’aujourd’hui – je dis bien la réalité, pas ce qu’on en fantasme aux extrêmes – ne me satisfait pas. Livrée aux eurosceptiques et aux populistes, elle a perdu son souffle. J’ai coutume de dire que l’Europe est la plus belle idée après la République. Et j’ai bien l’impression que ni l’une ni l’autre ne tiennent plus leurs promesses. Pour autant réduire le débat à « tu l’aimes ou tu la quitte » n’est qu’un cadeau naïvement offert aux démagogues. Ni l’Europe ni la République d’aujourd’hui ne sont les seules possibles. Je suis une frustrée d’Europe et c’est bien pour cela que je veux m’engager dans le débat pour changer ce qui doit l’être. Dans l’esprit des fondateurs, l’Europe ne peut être que sociale, universaliste, ouverte et pluraliste, aux avant-postes du progrès humain, autant que protectrice des droits et des libertés. Si l’on gouvernait simplement plus de 500 millions d’européens d’un coup de menton viril, ça se saurait. Ce monde est complexe, imbriqué, interconnecté. Individualisé. Pour gouverner l’Europe il faut une vision partagée, convaincre, susciter des alliances, bâtir des programmes, bref, faire de la politique. Nuancée. Participative et aussi un peu experte. Pragmatique, qui règle les vrais problèmes.

C’est un peu comme pour la Métropole, Monsieur le Président – et oui, on est toujours le grand machin technocratique de quelqu’un… Pour autant chacune des délibérations qui vous sont présentées ce soir disent le souci d’avancer dans le réel sans se payer de mot, ni pour autant renoncer à nos idéaux. Face aux transitions, à ses crises, c’est la démocratie et le faire ensemble qui sont en jeu. L’Europe est l’une des réponses les plus efficaces à ces enjeux mondiaux et à leurs traductions locales, pas le nationalisme étroit. « Ici l’avenir se dessine à plusieurs » peut-on lire au 3ème étage de la Métropole. Parce qu’ici nous savons la puissance de l’action collective au service de notre destin commun, nous sommes la pointe avancée de cette Europe telle que la voulait Simone Veil, première présidente du parlement européen (entre 1979-1982). Je la cite :

« Se fixant de grandes ambitions, l’Europe pourra faire entendre sa voix et défendre des valeurs fortes : la paix, la défense des droits de l’homme, davantage de solidarité entre les riches et les pauvres. L’Europe, c’est le grand dessein du XXIème siècle. »

Soyons à la hauteur de cette grande voix. Le 26 mai prochain, soyez, soyons au rendez-vous de l’histoire du 21ème siècle. Au rendez-vous de notre histoire.

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Brest Métropole l’Européenne

Le magazine de la collectivité de Brest Métropole, Sillage, consacre tout un dossier à l’Europe dans notre territoire

Ce mois-ci dans Sillage, un dossier complet, concret, facile à comprendre, sur la réalité européenne du territoire de Brest Métropole. Il vous donnera un aperçu de tout le travail fourni pour intégrer en transversalité la dimension européenne dans toutes nos politiques publiques. Brest est la seule métropole à avoir adopté une stratégie métropolitaine européenne de territoire…

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Brest se dote d’une Stratégie Métropolitaine Européenne de Territoire

Lors du conseil de Métropole du vendredi 1er février, je suis intervenue pour présenter notre nouvelle Stratégie Métropolitaine Européenne de Territoire (SMET), lancée dans le cadre de la SMDE. L’Europe a construit Brest et sa région, elle est toujours l’avenir de notre territoire dans la mondialisation. Bouclier démocratique, social, environnemental, l’Europe est notre dernière frontière dans un monde menaçant en transition.

Frédérique Bonnard Le Floc’h en conseil de Brest Métropole du 1er février 2019 présente la Stratégie Métropolitaine Européenne de Territoire

Retrouvez ci-dessous mon intervention en séance :

Monsieur le Président, Mes Cher.e.s Collègues,

L’Europe brûle et nous regardons ailleurs ! Il est temps que les bâtisseurs d’Europe reviennent sur le chantier. Il est temps que les voix des progressistes, des humanistes, des justes, fassent chœur pour une Europe qui donne corps à nos valeurs.

L’Europe est paradoxale, comme la vie elle-même qui parait si contradictoire au premier regard. Si l’on veut bien élargir son horizon, les liens commencent rapidement à faire sens, et la dynamique apparaît. Sa construction est inachevée ? Parce qu’elle dépasse notre génération ! Sa complexité est grande ? Parce que 508 millions d’Européen.ne.s sont traités en citoyen.ne.s et non en consommateur.trice.s asservi.e.s ! Son pouvoir est trop faible ? Parce qu’on a soigneusement pris soin, par électoralisme national, d’omettre de lui donner un vrai visage et un vrai projet politique.

L’Europe est devenue au fil des années un préjugé repoussoir, commode à offrir en pâture à l’opinion, un bouc émissaire lointain à l’usage des politicien.ne.s qui ne sont pas à la hauteur ni de leur mission ni de leur mandat. Comme si faire vivre la démocratie à l’échelle d’un continent et bâtir le projet de développement humain et durable qui va avec avait la moindre chance sans un sens des responsabilités politique, économique et médiatique à la même hauteur.

Trop de cyniques veulent assigner les citoyens européens à résidence identitaire autour d’une église de village ou d’un pseudo-minaret de banlieue, à résidence politique néo-libérale parce qu’il n’y aurait pas d’alternative à l’économie financière (« there is no alternative » en version Thatchérienne originale !), les assigner à résidence sociale au profit de leur caste technocratique ou mafieuse, à les piéger dans l’illusion que les droits et les libertés dont certains jouissent doivent être refusés à d’autres et à agiter la peur du déclassement, professent que la violence patriarcale doit faire loi et que les faibles – les enfants, les jeunes, femmes seules, malades, personnes en situation de handicap, en difficulté sociale, personnes âgées modestes – que les faibles disais-je que nous avons tous été et que nous serons tous un jour, ne sont que des poids, ne sont que des proies.

L’Europe est notre dernière frontière. Le symbole de l’achèvement de la conquête d’un monde occidental libre, un monde d’égalité de droits et de fraternité solidaire. Le symbole d’un monde occidental exemplaire et responsable face aux enjeux des transitions multiples qui transforment nos sociétés comme notre planète. Le symbole d’un bouclier contre les néofachistes 2.0 et les nouveaux empereurs de démocrature.

Entre le Brexit, la crise des migrants, celle de la zone Euro, la montée des populismes et le déferlement de l’euroscepticisme, nous vivons un moment de questionnement intense de l’avenir du projet européen. Avec la Stratégie Métropolitaine Européenne de Territoire, la métropole de l’Ouest Breton s’est dotée d’une stratégie-cadre pour organiser au mieux la réponse territoriale à des enjeux globaux qui se déclinent localement. Là comme dans bien des domaines, Brest Métropole est pionnière dans cette démarche d’animation territoriale et de lobby stratégique.

Au moment d’exhorter les électeurs à donner un avenir à l’Europe, souvenons-nous de ses débuts. Penser l’avenir européen de Brest, c’est d’abord se souvenir des fondements historiques de l’Union Européenne : reconstruire un monde de paix. Dans un territoire détruit par la guerre, la solidarité européenne a été l’un des ferments de la reconstruction (Glasgow a été l’une des premières villes à se mobiliser pour reconstruire Brest), puis du développement économique et social de l’Ouest breton. La libre circulation, l’Etat de droit, les droits fondamentaux politiques, économiques et sociaux au cœur du projet européen répondent parfaitement au projet métropolitain brestois intitulé « Brest, Métropole ouverte et solidaire » qui promeut, outre l’excellence économique et technologique, les valeurs d’égalité, de solidarité, d’éducation qui ont guidé les pères fondateurs européens dans la construction d’un espace de justice, de liberté, d’émancipation et d’épanouissement individuel et collectif.

Le document qui vous est soumis est un cadre. En lui-même il n’est pas suffisant, il précède un exercice partenarial à venir de déclinaison en plan d’action. Il est structuré en 4 parties :

En premier lieu par la présentation du contexte particulier de nos travaux de préparation du post 2020, avec nos interlocuteurs nationaux, régionaux, et locaux au travers des réseaux et des associations d’élus, ou en direct à Bruxelles. A la suite des propositions de la Commission européenne mi-2018 s’ouvre un cycle de négociations entre les Etats membres (via le Conseil européen), le Parlement européen, et la Commission européenne. Puis des déclinaisons nationales et territoriales. Initialement un accord était prévu d’ici aux prochaines élections européennes de mai 2019. On pense aujourd’hui, de source parlementaire, que cet accord sera repoussé en septembre après l’installation du nouveau parlement. Cela rend l’enjeu des élections européennes d’autant plus brûlant. Selon la coloration politique du nouveau parlement, les politiques de l’Union Européenne ne seront pas les mêmes. Or, c’est crucial pour notre territoire. Le nouveau parlement aura t’il le courage de voter un budget ambitieux, qui permettra de nous accorder autant de fonds de cohésion qu’auparavant, malgré le retrait britannique et malgré l’euroscepticisme de certains Etats-membres ? La pointe bretonne, dans le contexte national de restrictions budgétaires aux collectivités, en a terriblement besoin.

Au-delà du volume des enveloppes disponibles, le maintien de la subsidiarité reste également un enjeu. C’est l’Etat français qui négocie seul avec la Commission, et l’on entend des velléités de re-centralisation des fonds, au bénéfice des seules politiques de l’Etat. Si cet écueil parvenait à être dépassé, nous ferions face à une autre menace de recentralisation – régionale celle-ci. J’anticipe un peu sur les pistes d’action présentées en troisième partie du document en annonçant que nous nous positionnons d’ores et déjà en proposant un montage innovant en termes de co-construction du Programme Opérationnel Régional et d’une nouvelle gouvernance multi-niveaux qui en découlerait autour d’un contrat métropolitain chapeau.

Revenons au document. Vient ensuite l’analyse des enjeux pour les acteurs de la Métropole, que nous avons classés en quatre axes :

  • 1. la dynamique de la pointe bretonne, son accessibilité et les coopérations
  • 2. l’économie de la connaissance et de l’innovation, les filières d’excellence
  • 3. l’emploi, la formation, l’inclusion économique et sociale des personnes éloignées de l’emploi
  • 4. la mise en œuvre de la transition écologique et énergétique et le développement urbain durable

Dans la partie concernant les pistes d’actions, vous retrouverez une liste très intéressante des nombreux projets européens en cours et des initiatives de la collectivité comme des différents acteurs locaux. Il m’est impossible de détailler les nombreuses actions qui vont découler de cette stratégie, mais l’esprit est la mise en mouvement de tous les acteurs territoriaux (collectivités, associations, entreprises, écoles, citoyens…) pour capter toutes les ressources possibles et développer toutes les opportunités issues du cadre européen.

Enfin, une dernière partie détaille la gouvernance de la stratégie. Notamment pour animer le partenariat, il est envisagé la constitution d’une Conférence territoriale sur les questions européennes, en connexion avec la gouvernance existante de SMDE.

Je termine ma présentation en citant Mario Vargas Llosa, récemment interviewé dans Libération :

« Le «rêve européen» ne sera jamais réservé aux Européens. Au contraire, le meilleur de la tradition occidentale est l’universalisme, c’est d’avoir défendu des droits et des libertés bénéfiques à tous les êtres humains sans exception. C’est pourquoi une Europe unie profitera autant aux Européens qu’au reste de l’humanité. Les populismes, à commencer par le pire de tous, le nationalisme, sont une réponse tribale à la mondialisation qui produit de l’incertitude et de la peur, avant tout parmi les «tribus» ethniques, religieuses et politiques les plus primitives. Elles mettent en cause la culture de la liberté. Il est indispensable de les affronter et de les vaincre avec les armes pacifiques de la raison et du vote »

Je vous remercie de votre attention.

Brest Métropole

La morale de l’action

Retrouvez ci-dessous mon intervention lors du Conseil Municipal de la Ville de Brest du mercredi 19 décembre 2018

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Mesdames et Messieurs les Habitant.e.s,

C’est à vous, Mesdames et Messieurs les Habitant.e.s que je souhaite m’adresser en priorité.

J’entends bien que l’on critique les artisans, et notamment le premier d’entre eux. Je vous invite à considérer plutôt l’œuvre.

La politique que mène la majorité plurielle à Brest depuis 30 ans, ce n’est pas du théâtre. Ce ne sont pas des rumeurs de comptoir. Ce n’est pas le chœur des vierges. Ce n’est pas de la communication cynique comme au niveau national.

La politique que mène la majorité plurielle à Brest depuis 30 ans, c’est de l’action ! De l’action continue, quelles que soient les difficultés. De l’action fidèle à notre projet politique de « changer la vie » et de « changer la ville ». De l’action fidèle à nos valeurs de gauche, tendue vers la justice sociale et la plus grande ambition pour chaque brestois.e, quelle que soit sa condition de naissance ou de fortune.

Je vous en donne quelques exemples :

  • l’éducation, 1er budget de la ville. Rappelez-vous l’énergie considérable investie dans le Projet Educatif Local pour recentrer tous les acteurs associatifs et institutionnels autour de l’enfant. Ou les interventions culturelles comme le projet DEMOS qui fait participer les enfants des quartiers à la production d’un concert symphonique de haute culture.
  • je peux citer encore le sport pour tous, l’inclusion des personnes en situation de handicap, ou l’intervention sociale que nous avons organisée, coordonnée entre tous les acteurs de terrain, et qui fait que nous avons encore des réponses – coûte que coûte ! – à la détresse sociale grandissante, quand, dans bien d’autres grandes villes, il n’y en a plus depuis longtemps.
  • enfin, je regarde mes collègues maires des quartiers de l’Europe et de Saint Pierre, deux mairies créées au cours des derniers mandats, qui démontrent le souci de déployer nos politiques publiques au plus près des besoins, au plus près des brestois.e.s, avec la participation et en soutien des initiatives de nos conseillers de quartier. La participation citoyenne est progressivement devenue un réflexe de notre action politique, notre budget participatif brestois, qui était hier à l’honneur du journal télévisé national, le démontre.

Nous avons longtemps fait POUR toutes et tous. C’est l’ADN de 150 ans de socialisme municipal, dont nous faisons fructifier l’héritage aujourd’hui en faisant AVEC toutes et tous. Pour nous, les brestois.e.s sont une richesse, dans un monde en mutation où personne ne peut se targuer d’avoir seul les solutions d’avenir. Une richesse, et pas seulement un coût, qu’il faudrait par dogme abaisser pour que certains prospèrent pendant que d’autres survivent.

L’œuvre est collective. Nos anciens collègues aujourd’hui opposants y ont participé, et les voir se muer en accusateurs du comité de salut public pour préserver personnellement leur carrière politique me semble bien injuste.

Mauvais diseurs mais bons faiseurs, notre majorité de gauche dans toutes ses sensibilités, est rassemblée autour de l’intérêt de l’œuvre, au service des habitant.e.s. Cette majorité met toute son énergie pour que cette ville ait un avenir alors que beaucoup en haut lieu la méprisent.

Elle met toute son énergie pour que l’œuvre soit plus grande que ses oeuvriers.

Monsieur le Maire, les outrances et la mauvaise foi d’une opposition agitée ne changeront rien à la détermination de votre majorité solidaire.

Merci de m’avoir écoutée.

Brest Métropole

L’Alliance des Territoires a besoin d’aménagement du territoire

Les contrats favorisent l’équilibre territorial : Brest Métropole et l’alliance des territoires démontrent que les stratégies territoriales coopératives et ascendantes sont la meilleure base de contractualisation avec l’Etat et la Région pour un réel aménagement des territoires

France Urbaine a sollicité Brest Métropole pour intervenir lors du colloque organisé par Sciences Po Paris au Sénat le jeudi 15 mars dernier sur le thème « Les relations juridiques des collectivités territoriales entre elles et leurs groupements. L’adaptation locale de l’organisation territoriale ». Compte tenu de notre expérience unique en France en matière de coopérations horizontales et notre maîtrise des contractualisations, j’ai eu le plaisir de témoigner lors de la table ronde « Des rapports juridiques horizontaux : l’autonomie des collectivités territoriales en pratique », et d’illustrer plus particulièrement le point « les contrats favorisant l’équilibre territorial ».

En tant que vice-présidente en charge des politiques contractuelles, j’ai pu faire valoir notre stratégie métropolitaine qui fait de Brest Métropole le porte-parole et l’intégrateur stratégique de toute la pointe bretonne, avec des gouvernances publiques/privées multiples. C’est cette capacité à « plugger » des briques territoriales entières aux consultations sur les schémas régionaux et aux contractualisations avec l’Etat (contrat et pacte métropolitain) qui justifient de notre revendication forte à être soutenus à la hauteur de nos objectifs stratégiques ascendants, et donc validés et partagés localement. Port, TGV, aéroport, routes, numérique, CHU, Université, Défense

Retrouvez ci-dessous mon intervention prévue, dont je n’ai malheureusement pas eu le temps de dérouler entièrement à l’oral :

Si je peux me permettre cette petite provocation en préambule, si le contrat suffisait à garantir l’équilibre, alors la Loi et l’Etat ne seraient que des tyrannies inutiles. Hélas, la célèbre formule d’Alfred Fouillée « qui dit contractuel dit juste » est un sophisme très peu opérant dans le paysage actuel des relations institutionnelles. En effet, aucune des parties contractantes n’est véritablement libre, et aucune n’est véritablement égale, sinon en dignité. Et pourtant, à Brest, nous avons choisi les coopérations horizontales et la contractualisation comme réponse à une nécessité vitale d’équilibre territorial dans la compétition mondiale.

En effet, Brest est Métropole non pas au sens d’une très grande ville internationale, mais au sens de la vision d’un aménagement équilibré du territoire national d’une part, et de celui des fonctions de commandement stratégique de l’Etat exercé sur son territoire d’autre part – ce n’est pas moi qui le dit, mais un rapport de la Cour des Comptes sur les Finances Publiques Locales paru en 2017. C’est la seule métropole française dont l’ADN repose à part égale sur ces deux principes. Brest a toujours été une ville française, une ville d’Etat, on pourrait, en exagérant un peu, la qualifier à présent de Métropole d’Etat selon l’analyse de la Cour des Comptes.

Voici un second paradoxe : introduire mon propos en soulignant à quel point Brest dépend de la vision de l’Etat, alors que France Urbaine souhaitait que je témoigne devant vous ce matin de la compétence distinctive de Brest Métropole et de la pointe bretonne à user de toute ses marges de manœuvres pour organiser le dépassement systématique des territoires d’assise de ses politiques publiques, passer outre toutes les frontières institutionnelles, de compétences, pour créer une synergie et une complémentarité territoriale à des échelles diverses, que l’on nomme « Alliance des territoires ».

Le paradoxe n’est qu’apparent, et si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de mon intervention, alors retenez celle-ci : l’alliance des territoires a besoin de l’aménagement des territoires. C’est un axe d’action complémentaire des grandes politiques d’aménagement menées par l’Etat puis la Région, et non une démarche qui viendrait s’y substituer ou compenser son absence. Ces grandes politiques d’aménagement nécessitent une contractualisation Etat-Région-Collectivités avec un déploiement dans le temps long, sur la base d’un projet stratégique territorial de qualité.

Revenons à l’équilibre vital disais-je. Vital parce que la mondialisation économique et sa logique de concentration vient percuter de plein fouet à la fois notre situation géographique ultra-périphérique et notre modèle territorial historique dit « polycentrique maillé » comme le qualifiait feu la Datar. Ave Lutèce, la plus petite Métropole de la plus petite Région française te salue ! Que fait-on avec un petit territoire certes excellent mais périphérique, péninsulaire, interdépendant et mondialisé ? La réponse va vous sembler banale : on travaille ensemble. Le développement dans l’interdépendance ne peut être que du co-développement. Donc la pointe bretonne, avec Brest Métropole, fonctionne en système territorial, sur le modèle de l’économie symbiotique, c’est à dire comme un archipel d’écosystèmes en réseaux.

L’Alliance des Territoires

Comment avons-nous organisé cette intelligence territoriale collective et sa gouvernance ? Avec une logique de coopération en « poupées gigognes » (ou en cercles concentriques) : plus l’échelle est proche, plus la coopération s’organise autour du territoire vécu, plus l’échelle est éloignée, plus la coopération est thématique. Le caractère proche ou éloigné ne dit rien de l’intensité de la coopération.

Au fil des années, nous avons donc développé :

  • Une forte intégration à l’échelle de la métropole, qui était déjà l’EPCI le plus intégré de France en tant que communauté urbaine, avec du personnel mutualisé depuis 2007. Le passage au statut de métropole n’a entraîné quasiment aucune modification de ses compétences, elle les exerçait déjà toutes. A l’heure où certains apprennent dans la douleur à ramasser les poubelles ou à élaborer un PLU ensemble, nous avons dépassé ces enjeux d’organisation et de gouvernance de proximité, ce qui nous permet de nous projeter à d’autres échelles.
  • Notamment l’échelle du bassin de vie, c’est l’échelle des 400 000 habitants du Pays de Brest. Notre Maire-Président vient de poser récemment la question de l’élargissement institutionnel de la Métropole à l’échelle du Pôle Métropolitain du Pays de Brest. Aujourd’hui la mise en cohérence des stratégies d’aménagement (SCOT) et de développement avec l’ambition métropolitaine nécessite la mise en commun de ressources sur une échelle plus large que les 8 communes initiales.
  • L’échelle de la pointe bretonne avec les ententes intercommunautaires passées avec d’autres agglomérations, avec qui nous nous accordons sur des sujets de développement économique, de tourisme, d’accessibilité, de mobilité, d’aménagement du territoire. Brest n’est Métropole French Tech qu’avec ses ententes, Quimper au Sud, Morlaix et Lannion Trégor au nord. Autre exemple avec la démarche Campus mondial de la mer à partir de Brest qui associe les autres sites majeurs en la matière (Roscoff et Concarneau notamment) et qui développe : plateforme de recherche et d’innovation, évènements, animation des acteurs et des territoires, avec une forte coloration industrielle et start-up, réponse à des appels à projets… le campus mondial de la mer constitue le volet innovation du Pacte d’Innovation Etat-Métropole brestois et il résume bien l’esprit de la Stratégie Métropolitaine de Développement Economique dont les objectifs et les actions rayonnant sur plusieurs départements limitrophes sont portées aussi bien par le public que par le privé.
  • L’échelle de l’inter-région, c’est-à-dire le Pôle métropolitain Loire-Bretagne qui réunit Brest, Rennes, Nantes, St Nazaire, Angers, et qui traite d’enjeux d’accessibilité du territoire (TGV) et du rayonnement international dans les domaines d’excellence mondiale, en particulier liés à l’enseignement supérieur, la recherche, et les pôles de compétitivité. Le PMLB promeut le concept d’alliance des territoires urbains, périurbains et ruraux comme modèle de développement équilibré.
  • Parallèlement nous avons développé la coopération par les outils d’ingénierie. Mes collègues élus de la pointe Bretonne et moi-même nous nous vivons comme les premiers entrepreneurs de notre territoire. Nous avons une forte tradition d’économie coopérative à la fois ouvrière et agricole. C’est pourquoi pour nous, un conseil d’administration, qu’il soit celui d’une association, d’une entreprise publique locale ou d’une institution, est une opportunité pour dérouler notre stratégie territoriale et dépasser les limites institutionnelles. De plus, bien souvent, l’affectio societatis est plus fort que les divergences politiques. Nos EPL notamment sont nos bras armés pour agir avec toute la souplesse requise dans un environnement de marché consommateur de capitaux et de savoir-faire (2 exemples : la SPL eau du Ponant, et la SEM/SPL SOTRAVAL déchets et énergie). A Brest vous avez ce que nous appelons la maison commune. C’est une gouvernance politique des 6 sociétés d’économie mixte qui rendent des services publics, gèrent des équipements et développent des projets sur des territoires dont l’étendue couvre jusqu’à la moitié du département.

Je mets à part une coopération originale, celle matérialisée par le contrat de réciprocité. Le Contrat de Réciprocité Ville-Campagne entre Brest Métropole et le PETR du Pays COB porte sur des actions dans les domaines de l’économie et de l’insertion, la santé, la culture et les services, l’environnement et l’énergie. Adossé à un diagnostic partagé fait par notre agence d’urbanisme, il a procédé d’une démarche citoyenne associant largement les conseils de développement et une grande variété d’acteurs publics et privés animés par réunions thématiques. Le concept de réciprocité est là encore un sophisme inopérant : les différences d’échelle rendent la discussion trop inégale. Je lui préfère le concept de co-développement qui rend mieux compte à la fois de la méthode « co », c’est-à-dire ensemble, et de l’objectif, c’est à dire le développement, et qui prend acte, en creux, de l’interdépendance de nos territoires urbains et ruraux.

A ce contrat expérimental nous avons donc adossé une entente inter-territoriale pour pouvoir « dépasser » l’expérimentation et, quelle que soit la pérennité du contrat, affirmer politiquement une véritable communauté de destin avec le COB. Le Contrat de réciprocité entre dans le volet coopération du Pacte d’innovation de Brest métropole signé conjointement par l’Etat et la Région Bretagne ; la dite Région a mis en place suite à cette expérimentation un dispositif de financement des projets inter-territoriaux en Bretagne, intégré à sa politique contractuelle de crédits territorialisés… mais qui, pour le moment, n’a pas trouvé de projets éligibles dans ceux listés au contrat.

La plus-value métropolitaine dans cette Alliance des Territoires : l’ingénierie

L’absence de ressources dédiées à cette expérimentation pose aujourd’hui problème, ce qui me permet d’aborder la notion d’ingénierie qui légitime notre modèle métropolitain au service du développement du territoire. Le réacteur nucléaire de la coopération, c’est la capacité d’ingénierie et d’animation de la démarche coopérative. Le problème, c’est que l’ingénierie, c’est du fonctionnement. Aucun EPCI ni partenaire des ententes n’est soumis à la contractualisation financière Macron, le fameux « 1.2 » qui limite mécaniquement la progression des crédits de fonctionnement. Or, l’ingénierie support pour la coopération territoriale est dans les métropoles. Un exemple : le pays COB élabore un SCOT. Le COB est sur 3 départements, ce n’est donc pas vers eux qu’il va se tourner. L’ingénierie d’Etat n’existant plus, il va se tourner vers ceux qui disposent de l’expertise sur les grands sujets de développement stratégique : transport, économie, environnement, planification urbaine… donc soit vers la Région, soit vers la Métropole. Et aujourd’hui, la Métropole ayant baissé son niveau d’investissement, consécutivement à la baisse des généralisées des ressources et des dotations, est la mieux placée pour mettre à disposition des autres territoires du temps d’ingénierie disponible de haut niveau. Comment va-t-elle pouvoir le faire en devant diminuer son fonctionnement ? La question est posée. Or, ce dont souffrent aujourd’hui les territoires notamment ruraux, c’est de ne pas avoir l’ingénierie suffisante pour pouvoir élaborer une stratégie puis un projet de territoire qui leur assure l’attractivité et la prospérité dont ils ont besoin.

Equilibrer la montée en puissance du fait régional : une approche stratégique et contractuelle ascendante

Un mot de de ce que produit cette intelligence territoriale foisonnante : c’est un rapport plus équilibré des territoires à la montée en puissance du fait régional. On peut donner l’exemple des schémas régionaux prescriptifs comme le SRDEII pour le développement économique, qui a intégré notre SMDE sans difficulté, ou le SRADDET qui est en train d’être élaboré d’une manière originale : sous l’impulsion de la Métropole, le département du Finistère, mais aussi Lannion-Trégor, Morlaix et Quimper ont rédigé une contribution commune « Ouest-Bretonne » via l’agence d’urbanisme, qui fera « brique » territoriale dans le Schéma d’Aménagement Régional. Une démarche bottom-up (du bas vers le haut) qui reflète bien l’intelligence territoriale dont est capable ce territoire. On aurait pu craindre une concurrence entre la Région et les Métropoles suite aux lois Maptam et Notre ; cela ne s’est pas produit car la gouvernance ancienne et informelle qui préexistait à la CTAP, notre bon vieux B16 historique, avait produit suffisamment de confiance pour envisager autre chose que du régionalo-centrisme. Mais les temps changent et les leaders politiques aussi, les anciens landmarks s’estompent, nous devenons de plus en plus vigilants quant à l’accentuation du déséquilibre socioéconomique entre l’ouest et l’est de la Bretagne… Bretagne qui ne doit pas faire comme la LGV et s’arrêter à Rennes !

Au sujet d’une approche stratégique de type ascendante, je termine en évoquant l’intérêt d’une mécanique contractuelle bien comprise, à travers l’exemple de notre contrat métropolitain, qui est un dispositif adossé au CPER 2015-2020. C’est un contrat qui consolide dans un document unique l’ensemble des soutiens apportés par l’Etat, la Région Bretagne, le Conseil Départemental du Finistère, les fonds européens et le programme des investissements d’avenir à la stratégie métropolitaine, sur l’accessibilité et la mobilité, l’emploi, l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation, la transition énergétique et écologique, le numérique, l’attractivité et la solidarité.

Il repose sur le projet métropolitain qui s’intitule « Brest 2025, métropole ouverte et solidaire » qui prévoit une ambition partagée de développement du territoire métropolitain et des territoires partenaires. 

Le contrat métropolitain cible les grands projets stratégiques et structurants de la métropole en confirmant les grandes lignes de financements. Au moment de la mise en œuvre, on rédige des conventions financières spécifiques projet par projet.

A ce contrat métropolitain est venu s’ajouter en 2017 le pacte métropolitain, signé entre l’Etat, la Région et la Métropole, sur l’axe d’excellence du Campus Mondial de la Mer pour le volet innovation, et le contrat de réciprocité pour le volet coopération territoriale. Bien que n’étant pas signataire de ce dernier, le Département, habitué depuis le contrat métropolitain à collaborer à la dynamique métropolitaine, a néanmoins pris en compte les projets du pacte à l’occasion de la révision à mi-parcours de son contrat de territoire avec Brest Métropole.

A l’heure où les services de l’Etat portent une réflexion sur la simplification et une meilleure visibilité des contractualisations, nous pouvons démontrer en Bretagne et à Brest que cette voie d’une contractualisation intégrée et aboutie entre l’Etat et les différentes collectivités – le contrat métropolitain – est possible à partir d’une stratégie bien identifiée et largement partagée de développement, d’équipement et d’aménagement du territoire.

La liberté et la solidarité territoriale sont des facteurs clés de succès dans la mondialisation

En conclusion, je dirais que reconnaître la montée en puissance du fait urbain n’entraîne pas fatalement un modèle de développement autocentré. Pour Brest, c’est au contraire l’occasion de réaffirmer une véritable communauté de destin avec notre hinterland et d’organiser un dialogue territorial assez concret et assez diversifié pour représenter une véritable gouvernance territoriale en réseau, à l’opposé du dogme de la centralité imposée.

Pour ce faire, nous avons utilisé tous les moyens existants dans le cadre juridique et contractuel qui structure notre action en tant que collectivité. La liberté ne s’use que si l’on s’en sert ; la nôtre ne nous sert pas à devenir le plus riche du cimetière, mais à organiser la solidarité. Car c’est précisément cette solidarité qui est le facteur clé de succès dans la construction de l’excellence au niveau national, européen en mondial. Etre capable de mettre très rapidement en commun le top des moyens publics et privés, à l’échelle territoriale pertinente du sujet, mobiliser l’opinion, activer des réseaux, c’est savoir être agile et parfaitement efficient dans la compétition. Nos valeurs nous poussent à inclure les parties prenantes dans un rapport d’égalité, à ne laisser aucun citoyen ni aucun territoire de côté, à rechercher l’efficience budgétaire, à être créatif, à travailler en réseau : chez nous ça s’appelle faire de la politique. Je vous remercie de votre attention.

Brest Métropole, Département du Finistère

2018, se recentrer sur l’essentiel

Meilleurs vœux pour l’année 2018 qui commence !

Meilleurs vœux à chacune et chacun d’entre vous ! Même si l’époque est particulière, le regard que nous choisissons de porter sur la réalité peut changer notre manière d’être, changer notre manière de faire, et in fine trouver ce qu’il y a de meilleur en chaque rencontre et en chaque situation. C’est le premier vœux que je formule : entrons dans cette nouvelle année les yeux ouverts et mettons de côtés les préjugés qui nous affligent.

2018 s’ouvre dans le tumulte médiatique et la confusion politique qui nous sont désormais familiers. Beaucoup d’entre nous se sentent perdus et trouvent l’horizon bien sombre. Le décalage entre les paroles et les actes des personnes en situation de responsabilité devient insupportable face à l’urgence de nous retrouver autour d’un projet commun pour l’avenir de l’humanité. Les inondations en France signent l’urgence climatique, les attentats meurtriers à Kaboul signent l’urgence diplomatique, les naufrages en Méditerranée signent l’urgence humanitaire, la précarité et la pauvreté galopante signent l’urgence sociale et économique, les scandales mettant en cause des personnalités harceleuses signent l’urgence féministe… j’arrête là cette énumération qui fait l’actualité quotidienne de ce début d’année. Stop. Se poser, réfléchir, s’ouvrir à la parole de l’Autre, décider ensemble : les remèdes sont connus, les valeurs sont posées. Assez de dire la Liberté, l’Egalité, la Fraternité : à présent il faut faire !

Faire société. Ensemble. Pour cela, il nous faudra tout d’abord résister au flot d’injonctions médiatiques et politiques qui nous divisent. Non, ce n’est pas la faute des autres, prenons chacun notre part du travail à mener. Oui, on peut débattre sans s’exclure. Non, les différences ne sont pas un problème en soi, lorsque l’on a la volonté partagée d’arriver à un but commun. Au contraire, « dans l’écart se trouvent les ressources pour produire du commun » dit le philosophe François Jullien. Non, le commun, ce n’est pas le même, ni le semblable. Oui c’est autre chose, c’est une création originale. C’est ce qui arrive quand on est vivants ici et maintenant, sans regarder l’Autre avec les yeux du passé, les yeux de la peur, les yeux du mépris de classe, les yeux de la volonté de domination.

« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux » dit Antoine de Saint Exupéry, habitué à voler de nuit sans instruments en s’orientant aux étoiles. Changer de regard, c’est aborder le monde avec le cœur. Celui qui protège l’humanité de sa folie et de sa violence intrinsèque depuis l’aube des temps, en nous permettant d’avoir accès à l’attachement, aux émotions, à l’élan d’être ensemble. Nous le partageons avec tous les mammifères, c’est notre algorithme de survie principal. Nos aptitudes sociales hors-norme ont fait de nous les dominants de tous les animaux terrestres. Notre IN (intelligence naturelle) est tellement plus complexe que l’IA (intelligence artificielle) que nous avons encore beaucoup de marge avant d’être asservis par des ordinateurs. Ce qui est triste, c’est que nous nous asservissons nous-mêmes, prenant les effets pour les causes, les vessies des puissants – seigneurs de la mauvaise foi – pour des lanternes politiques. Ce qui est triste, c’est que nous abdiquons nos responsabilités de dominants envers les animaux dominés, l’environnement domestiqué, les faibles de toute nature. N’avons-nous pas mieux à faire avec tout ce pouvoir ?

Il n’y a pas de dogme dans l’ici et le maintenant. Ni religieux, ni politique, ni idéologique. Juste une Liberté vertigineuse. Un gouffre, si l’on ne prend garde à la borner par l’Egalité et la Fraternité. Dans mon travail politique, j’essaie de développer toujours plus avant la participation des acteurs, quelles que soient les parties prenantes, citoyennes et citoyens isolés ou organisés, institutions, entreprises, et même en interne élus et services. Voir ensemble les problèmes, vivre ensemble le travail, fabriquer ensemble les réponses, mettre en œuvre ensemble. Complexe et imparfait, comme la Vie qui sans cesse invente et innove. En 2018, conjuguons le verbe vivre au présent de l’humanité.

Brest Métropole

Mon bilan à mi-mandat 2ème partie : une métropole coopérante en actions. II-4 : la formation-recherche

Le Comité d’Orientation de la Chaire « Territoires et Mutations de l’Action Publique » à l’Institut d’Etudes Politiques de Rennes

4) LA FORMATION-RECHERCHE
Pour produire l’innovation indispensable à sa montée en puissance et faire reconnaître son modèle de métropolisation inclusive, Brest Métropole développe une ambition d’organisation apprenante, en partenariat avec les acteurs académiques régionaux.

Depuis 2015, Brest métropole est membre de la chaire « Territoires et Mutations de l’Action Publique» (TMAP) de l’IEP de Rennes. Cette collaboration permet de faire rayonner et exister la métropole brestoise à l’échelle régionale. Ce partenariat extrêmement fructueux a permis d’enrichir nos   réflexions sur les problématiques qui sont les nôtres, et s’est concrètement traduit par de nombreuses actions et réalisations :

  • Un cycle de formation/action intitulé « Piloter l’action publique locale dans un monde en transition » à destinations des élu.e.s et cadres de la collectivité

Rappel des objectifs de la démarche :

  • Démarrer un processus d’organisation apprenante pour collectivement mieux appréhender les évolutions à venir et les anticiper ;
  • S’approprier une matière complexe (compétence renforcée des cadres et élu.e.s)
  • Réfléchir et produire autour de l’originalité du modèle institutionnel brestois
  • Produire du commun élus-services : intérêt de travailler ensemble, de se doter d’une culture commune afin de tendre vers une convergence de vues, notamment sur ce qui est principal et accessoire.
  • Ainsi qu’un objectif politique pour les élus : Renforcer la position de leadership de Brest

Ce cycle, qui s’est déroulé sur 6 mois (de mai à novembre 2016), comprenait trois temps distincts : un séminaire introductif (27 mai 2016), quatre ateliers thématiques (16 et 17 juin 2016), et enfin une réunion de restitution commune à tous (3 novembre 2016). Une centaine de personnes (cadres et élu.e.s de Brest métropole et ville confondus) a participé à ce cycle.

  • A venir : une journée de formation / action consacrée à la participation citoyenne (14 novembre 2017 – 100 cadres et élu.e.s) destinée à élaborer le cadre stratégique de la participation dans notre Métropole
  • La participation régulière (élue + chargée de mission DG) aux Comités d’Orientation de la chaire (fréquence 4/an + visioconférences)
  • Une participation active de la métropole aux 3 groupes de travail mis en place dans la chaire TMAP :
    • Groupe Fait métropolitain et dynamique régionale
    • Groupe de concertation évolution du management territorial, organisation et ressources humaines
    • Groupe Gouverner les solidarités
  • Enfin le cofinancement (avec la Région Bretagne, Rennes métropole et l’ADEUPA) d’une thèse ARED sujet : FAit MEtropolitain et COopération TErritoriale : une comparaison européenne (FAMECOTE)

 

Brest Métropole

Mon bilan à mi-mandat 2ème partie : une métropole coopérante en action. II-3 : le lobbying et les actions stratégiques

Le bureau exécutif de la CVAA et la députée européenne Isabelle Thomas durant les fêtes maritimes de Brest 2016

Pour faire suite à l’article « mon bilan à mi-mandat 1ère partie », aux deux suivants décrivant « les politiques contractuelles et les coopérations territoriales » et les « fonds et projets européens », voici quelques exemples concrets d’actions menées dans le cadre de ma délégation depuis 2014, relevant du 3ème levier stratégique.

3) LE LOBBYING ET LES ACTIONS STRATEGIQUES
Brest Métropole participe à influencer et à enrichir de ses contributions partenariales les politiques européennes, nationales, régionales, départementales, les projets locaux et les réseaux thématiques, au service d’un développement économique s’appuyant sur sa maritimité

  • SAFER SEAS 2015 et accueil d’un Forum Atlantique (Conférence des parties prenantes pour l’Atlantique)
    Participation à l’organisation d’un évènement phare du début de mandat organisé par Brest métropole, en coordination avec le Technopôle Brest-Iroise, et avec l’appui du Pôle Mer Bretagne Atlantique, de l’Union Européenne et de la Région Bretagne. Manifestation d’envergure internationale dédiée à la sécurité et sûreté maritime, Safer Seas propose une offre multisectorielle unique aux décideurs, institutionnels, opérateurs et professionnels de la mer, entreprises et établissement de recherche, et étudiants. L’édition 2015 était placée sous le signe de la croissance bleue, des enjeux liés au changement climatique et des défis pour la navigation et les activités en mer. Safer seas est organisé sous le haut patronage et avec la participation de l’Organisation Maritime Internationale, l’Union Européenne et la République française.
  • Contribution de Brest métropole à la Stratégie Régionale Mer & Littoral (juin 2016) qui capitalise l’appréciation des principales compétences marines et maritimes de la région brestoise ces cinq dernières années.
  • Séminaire d’information à Bruxelles 2016
    Une mission d’élus de Brest métropole a été organisée à Bruxelles, sous la forme d’un séminaire d’information et d’échanges avec des représentants des institutions européennes, du Parlement européen, de la Commission européenne, de la Représentation permanente de la France auprès de l’UE, de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) et de la Délégation permanente de la Région Bretagne à Bruxelles. Parmi les sujets évoqués durant ces deux jours de séminaire, au regard des dossiers et projets brestois :

    • La révision à mi-parcours de la politique de cohésion et les contours de la future période de programmation post 2020.
    • La prise en compte du fait urbain/métropolitain dans les politiques européennes tant en termes de financements dédiés au développement urbain que de gouvernance multi-niveaux dans l’élaboration et la mise en oeuvre des programmes : cf. l’agenda urbain et le pacte d’Amsterdam.
    • Politique maritime, Stratégie Maritime Atlantique, Campus Mondial de la Mer, Evènementiels maritimes
    • Accessibilité, RTE-T et politiques des transports, port de Brest…
    • Les enjeux de simplification de gestion des fonds structurels.
    • Les nouveaux défis qui accompagnent la dynamique européenne (transition énergétique, économie numérique, mobilité durable…).
  • France urbaine, lobbying européen
    En complément des réunions du groupe de travail technique « Partenariats et Territoires » traitant notamment des programmes contractuels (CPER et PO européens, lien avec CGET, …) quelques missions d’élus ont été organisées par France urbaine à Bruxelles
  • Sélection de Brest métropole pour l’organisation des Journées européennes de la Mer en mai 2023
    Illustration de la démarche intégrée et de capitalisation concernant la démarche d’inscription de Brest dans le dialogue territorial européen, depuis la reconnaissance de Brest comme point focal de la stratégie maritime atlantique, en passant par Safer Seas 2015 et l’accueil de l’UE à domicile (Commissaire Karmenu Vella…), le séminaire des élus à Bruxelles et parallèlement la démarche de candidature aux EMD proprement dite.
  • Conférence des Villes de l’Arc Atlantique (CVAA)
    Avec mon collègue vice-Président en charge de l’international Dominique Cap, participation au bureau exécutif CVAA durant les fêtes maritimes / Reconduite de la Présidence de la Commission « Croissance bleue » par Brest métropole au sein de la CVAA
  • Contribution sur le Brexit – animation du groupe de travail des partenaires au sein de la SMDE (stratégie métropolitaine de développement économique)
  • Valorisation des projets brestois en matière de smart cities / plaquette France Urbaine
  • Contribution dans le cadre des travaux des CESER de la façade atlantique sur l’innovation maritime
  • Leadership de la délégation Brest / Pays de Brest / Pays de Morlaix pour la réponse à l’appel à manifestation d’intérêt TIGA dans le cadre du PIA 3 sur la thématique des biotechnologies (Blue Valley Roscoff sous marque Campus Mondial de la Mer)

Dans le prochain article, j’aborde mes initiatives en matière de formation-recherche pour faire de Brest Métropole un modèle d’organisation territoriale reconnu et un champion du design des politiques publiques mêlant innovation et participation citoyenne.

Brest Métropole

Mon bilan à mi-mandat 2ème partie : une métropole coopérante en actions. II – 2 : les fonds et projets européens

Brest Métropole en délégation auprès de la Commission Européenne

Pour faire suite à l’article « mon bilan à mi-mandat 1ère partie », et à celui décrivant « les politiques contractuelles et les coopérations territoriales », voici quelques exemples concrets d’actions menées dans le cadre de ma délégation depuis 2014, relevant du 2ème levier stratégique.

2) LES FONDS ET PROJETS EUROPEENS
Savoir monter des projets structurants pour le territoire co-finançables par les fonds européens est un savoir-faire historique de Brest Métropole qui doit être conforté.

 2.1 Les programmes opérationnels européens 2014-2020 et l’ITI FEDER FSE Brest métropole

-Participation active au partenariat régional et à ses instances de programmation (CRPE) et de suivi (comité de suivi régional inter-fonds Feder-Fse-Feader-Feamp) ; la Bretagne dispose pour la période 2014-2020 de plus de 900M€ de fonds européens :

  • Feder 307M€ gérés par la Région
  • Fse 122M€ gérés par l’Etat et 62M€ par la Région
  • Feader 368M€ gérés par la Région
  • Feamp 44M€ régionalisés et gérés par la Région
  • Les programmes de coopérations territoriales européennes INTERREG: programme transfrontalier Manche, programmes transnationaux Nord- ouest et Espace Atlantique, et le programme Interreg Europe

-Promotion des projets cofinancés par l’UE notamment lors de la fête de l’Europe de mai 2017, visites de projets à Brest pour les membres de la CRPE

Négociation et mise en place d’une convention Région – Brest métropole sur l’Investissement Territorial Intégré (ITI) Brest métropole doté d’un montant prévisionnel FEDER de 10 M€, Brest métropole étant organisme intermédiaire de la Région autorité de gestion du PO Feder – Fse Bretagne 2014-2020. L’Investissement Territorial Intégré (ITI) est un nouvel instrument européen créé pour favoriser l’utilisation de crédits européens au bénéfice de stratégies de développement multi-sectorielles et partenariales, à l’échelle de territoires locaux cohérents. Cet outil permet ainsi de mobiliser le soutien du Fonds européen de développement régional en croisant plusieurs axes du programme opérationnel régional, le PO FEDER-FSE Bretagne 2014-2020 «Investissement pour la croissance et l’emploi ». L’objectif est de faire émerger ou d’accompagner des projets sur le territoire de Brest Métropole. « Promouvoir le développement métropolitain au service du développement régional ». A cet effet, la métropole est chargée d’informer les bénéficiaires  potentiels et d’accompagner les porteurs de projet dans l’élaboration de leur demande. Je préside le Comité de sélection, constitué au niveau local, qui a pour mission l’examen et la sélection des projets sollicitant l’accompagnement du FEDER au regard des axes de développement du contrat métropolitain et du Programme Opérationnel.

Que contient l’ITI Métropole ?
Les actions mises en œuvre et gérées par Brest Métropole dans le cadre de l’ITI s’inscrivent à la fois dans le cadre des axes de développement du contrat métropolitain et dans celui de  trois actions du programme opérationnel régional FEDER-FSE 2014-2020 :

  • Favoriser le développement des pratiques et culture numériques : 1M€ Feder
  • Réhabiliter le parc de logement résidentiel – parc de logement social : 3,7M€ Feder
  • Soutenir le développement de l’inter et de la multi-modalité : 5,3M€ Feder

Le comité de sélection s’est réuni régulièrement et a programmé 54,60% de l’enveloppe prévisionnelle.

Des exemples de projets programmés :  

  • le téléphérique Siam – Capucins (4M€ de Feder) qui a aussi été programmé en CRPE, et retenu dans les opérations exemplaires promues à l’échelle nationale et européenne
  • des projets de réhabilitations de logements sociaux présentés par BMH et par Armorique Habitat
  • des projets numériques : portail famille ville Brest, cantine numérique de Brest, portail musiques modales de l’association DROM, Création d’une base de données géo-référencées pour le développement des usages et des services urbains Brest métropole , création des services billetteries des piscines et de réservation de bateaux au centre nautique Brest métropole, Grande école du numérique formation Code.bzh ISEN Brest YNCREA Ouest

2.2 Les projets européens

Brest métropole et Ville de Brest partenaires de 5 projets européens approuvés sur   5 thématiques différentes :

  1. Atlantic Blue Tech (ABT) : Développement de la filière des bio-ressources marines
  2. Ocean Citizen of the Future (OCF) : Sensibilisation aux métiers de la mer
  3. Climate Active Neighbourhoods (CAN) : Lutte contre la précarité énergétique à l’échelle des quartiers
  4. GrowGreen : Adaptation au changement climatique et lutte contre les inondations
  5. Atlantic Youth Creative Hubs (AYCH) : L’entrepreneuriat des jeunes (focus sur les industries créatives et le numérique)

Par ailleurs, Brest métropole est partenaire associé aux côtés du Technopôle Brest-Iroise d’un projet ProtoAtlantic (Interreg Atlantique) sur le développement d’un programme de prototypage et d’exploitation d’idées innovatrices.

Budget prévisionnel total de 1 443 089,00 € pour la collectivité, incluant un co-financement de l’Union européenne à hauteur de 1 069 624,25 € et une valorisation des coûts des Ressources Humaines en interne à hauteur de 463 952,76€ (hors recrutement de personnel dédié pour certains projet). Recrutement d’1 CDD de 3 ans en cours pour le projet Atlantic Youth Creative Hubs.

Autres résultats atteints :

  • Plus grande sensibilisation et mobilisation des services en interne (entre 2015 et 2017, 12 projets au sein desquels Brest métropole s’est inscrite en tant que partenaire ont été déposés)
  • Diversification des programmes européens et appels à projets (Interreg Atlantique, Interreg Europe du Nord-Ouest, Horizon 2020 – Villes et communautés intelligentes et Solutions basées sur la nature, Actions Urbaines Innovatrices, Urbact, Erasmus +)
  • Participation aux réunions d’information sur les appels à projets européens (Actions Urbaines Innovatrices, H2020, Urbact…)
  • Lien quotidien avec la mission « appels à projets », facteur d’une plus grande transversalité

Dans le prochain article, j’expose le travail mené en matière de lobbying et d’actions stratégiques.