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Brest Métropole

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Mon bilan à mi-mandat 2è partie : une métropole coopérante en actions. II – 1 : les politiques contractuelles et les coopérations territoriales

Signature du Contrat de Réciprocité Ville-Campagne entre Brest Métropole et le Pays du Centre Ouest Bretagne

Pour faire suite à l’article « mon bilan à mi-mandat 1ère partie », voici quelques exemples concrets d’actions menées dans le cadre de ma délégation depuis 2014, classées selon les leviers stratégiques expliqués dans le premier post.

1) LES POLITIQUES CONTRACTUELLES ET LES COOPERATIONS TERRITORIALES
Brest Métropole développe une politique contractuelle ambitieuse au service du co-développement de ses territoires d’influence et de ses partenaires.

Six contrats majeurs ont été négociés et conclut dans ma délégation durant ces trois années :

  • le CPER,
  • le Contrat Métropolitain,
  • le Contrat de Partenariat Région-Pays de Brest,
  • le Contrat de Territoire Conseil Départemental-Brest Métropole,
  • le Contrat de réciprocité ville-campagne avec le PETR du Pays Centre Ouest Bretagne. 

Le sixième contrat, le Pacte Etat-Métropole et ses deux volets « innovation métropolitaine » et « coopération métropolitaine » a, quant à lui, été supervisé par mon collègue Michel Gourtay, vice-Président en charge du développement économique. J’y participe de manière opérationnelle, dans la mise en œuvre des projets.

1.1 Le CPER 2015-2020 et le Contrat métropolitain 2015-2020

Participation active au partenariat régional de la phase de diagnostic stratégique territorial à la finalisation du CPER, rencontres spécifiques Etat, Région, métropole. Le CPER 2014-2015 Bretagne a été signé le 11 mai 2015 par le Préfet de Région et le Président du Conseil régional pour un montant total de 593,70 M€ pour l’Etat et 602,80 M€ pour la Région hors financements de l’Europe et des autres collectivités territoriales. Un avenant n°1 a été signé le 16 décembre 2016 et a porté les engagements à   617,65 M€ pour l’Etat et 621,83 M€ pour la Région suite à un abondement du volet ESR (site de Rennes) et innovation (Partenariat Régional d’Innovation PRI), et du volet territorial (attractivité des bourgs ruraux, politique de la ville NPNRU 8 quartiers du volet régional)
Dispositif adossé au Contrat de Plan Etat-Région 2015-2020 et son volet territorial, le contrat métropolitain permet de faire converger l’ambition de développement métropolitain entre les co-signataires que sont l’Etat en Région, Région Bretagne, le conseil départemental du Finistère et la métropole. Il consolide dans un document unique l’ensemble des différents soutiens apportés par l’État, la Région, le Conseil départemental du Finistère, les programmes européens et le programme des investissements d’avenir, à la stratégie de la métropole. Son champ d’action est large et recouvre l’accessibilité et la mobilité, l’emploi, l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation, la transition énergétique et écologique, le numérique, l’attractivité et la solidarité.

1.2 Le Contrat de partenariat Région Pays de Brest, CUP Pays de Brest

Participation active au partenariat local dans le cadre notamment du CUP comité  unique de programmation Pays de Brest (élus des Communautés et membres désignés par le Conseil de développement). Les crédits de la politique territoriale de la Région représentent une enveloppe globale consolidée de 27M€ environ sur la période 2014-2020 et compte tenu de l’élargissement du Pays de Brest à la Communauté de communes de Pleyben-Châteaulin-Porzay. L’animation de ce contrat est assurée par le Pôle métropolitain du Pays de Brest, la Région attribuant des crédits annuels d’ingénierie à cet effet. L’ensemble des dossiers programmés en CUP représente un total de 3, 055M€ de crédits de la Région au titre du contrat de partenariat sur le territoire de la métropole

Exemples de projets financés sur le territoire de Brest métropole :

  • le téléphérique (1M€),
  • le plan de déplacement durable de la métropole (axes bus, cyclables, piétons),
  • bâtiment totem du Campus mondial de la mer (1ère tranche accueil Pôle mer et TBI, 2ème tranche accueil FEM France énergies marines) et aménagement de la centralité place Copernic au TBI,
  • locaux stockage centre nautique au Moulin blanc,
  • stade F. Le Blé aire de grand jeu ,
  • BREST LIFE,
  • Océanopolis pavillon Bretagne,
  • cantine numérique,
  • équipements de proximité au Relecq Kerhuon, Guilers, Guipavas, Brest

1.3 Le Contrat de territoire 2015-2020 Conseil départemental – Brest métropole

Suivi et animation du contrat en lien avec le Conseil départemental et les communes, avenants annuels (crédits annualisés, ajustement de projets spécifiques). En 2017 la revue de projets pour un avenant à mi-parcours, a été conduite et doit se conclure tout prochainement. Au fil de l’eau, j’assure la présentation en Bureau de métropole des projets d’équipements de proximité des communes relevant des dotations thématiques territoriales (patrimoine, scolaire, culture et socioculturels, sport). Les engagements prioritaires et partagés retenus au contrat de territoire ont été déterminés à partir du projet stratégique de Brest métropole « BREST 2025 Métropole ouverte et solidaire ». Les partenaires contractualisent sur les orientations stratégiques suivantes à mettre en oeuvre dans les six ans du contrat. Chacune de ces orientations est déclinée en actions, pour lesquelles le contrat précise les montants des financements prévus, les opérations finançables, et le cas échéant les taux et plafonds de financement.

L’ensemble des actions représente un engagement potentiel du département sur le territoire de Brest métropole de 42,47 M€ dont 63% sont engagés à juin 2017

ENJEU 1 – Renforcer l’attractivité et la métropolisation en réaffirmant notamment la vocation maritime du territoire

  • Axe 1 : Aménagements et équipements métropolitains et structurants : Capucins, Fourneau, Quartz, CBN, Océanopolis, Stade F. Le Blé
  • Axe 2 : Soutien aux fonctions métropolitaines notamment maritimes : Port plateforme EMR, Estacade cale passage Relecq, Projets ESR en complément du CPER dont accueil Pôle mer et TBI,
  • Axe 3 : Accessibilité du territoire : contournement nord , Dotation de 3,4M€ pour projets de mobilité (téléphérique et TCSP, pôle échange Kerscao , étude ménage, échangeur Kervao)                

ENJEU II – Renforcer la cohésion territoriale par un développement    dynamique basé sur un cadre de vie de qualité

  • Axe 1 : Accompagner le développement économique, touristique et culturel : Camping du Relecq, Soutien annuel Musée fraise et du patrimoine de Plougastel, dotation patrimoine, Dotation équipement socioculturels, Dotation bibliothèques médiathèques
  • Axe 2 : Valoriser l’environnement local tout en assurant sa protection : Déchèteries, Projet Smart – Grid Capucins, Schéma départemental AEP  SPL eau Ponant
  • Axe 3 : Assurer l’équité territoriale par des équipements, aménagements, services, de proximité et de qualité : Dotation aménagements cyclables, Jalonnement bilingue, Dotation extension restructuration d’écoles, Gymnase Plouzané, Dotation équipements sportifs de proximité              

ENJEU III – Renforcer la cohésion sociale

  • Axe 1 : La définition d’actions en faveur des publics prioritaires : site internet pour acteurs de la jeunesse ,Crèche Penn ar Créac’h : 6 places d’accueil enfants en  handicap lourds, Multi-accueil de Gouesnou , Accueil Planète loisirs, Coordination jeunesse, Soutien annuel pour centres sociaux de Brest , Soutien aux EHPAD, CLIC 2, Expérimentation AMALYS, Convention CCAS Brest , Politique de la ville ; quartier ANRU contrat de ville, Accompagnement OPAH –RU Recouvrance , Compagnons bâtisseurs, terrains familiaux gens du voyage …
  • Axe 2 : Une gouvernance locale à conforter : Conforter la gouvernance locale de construction, suivi et évaluation du volet cohésion sociale du contrat de territoire : avenant spécifique et enveloppes dédiées ; Elaboration d’un diagnostic partagé

1.4 Le Contrat de Réciprocité Ville-Campagne entre Brest Métropole et le Pôle d’Equilibre Territorial Rural du Pays du Centre Ouest Bretagne

Le contrat de réciprocité ville campagne a été signé le 4 novembre 2016 à Plonévez du Faou par Jean Michel BAYLET, ministre de l’aménagement du Territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, la Région Bretagne, le Conseil départemental du Finistère, la Caisse des dépôts et consignations, le Pays du Centre ouest Bretagne et Brest métropole. Le comité de pilotage réuni à Châteauneuf du Faou le 16 juin 2017 a installé la gouvernance, la conférence interterritoriale, puis a fait l’état des lieux des actions et projets. A court terme il est décidé de saisir conjointement la Région Bretagne, pour demander de préciser les modalités de financement du dispositif d’appui aux projets inter-territoriaux: des porteurs de projets qui sont en attente de financement et pour proposer de travailler avec la Région à la mise au point d’un dispositif de financement de l’ingénierie de montage de projet, pour passer de l’idée au projet.

Le contrat de réciprocité ville campagne formalise deux grands engagements : pérenniser le cadre d’échange entre les deux territoires et accompagner les premiers projets opérationnels et ceux en devenir par l’inscription de ces projets aux contractualisations territoriales. 50 représentants des territoires (élus, chambres consulaires, services de l’Etat, de la Région, des Départements, organismes associés par les Conseils de développement), ont participé aux 3 groupes de travail qui se sont réunis à Brest et à Motreff pour mettre au point le protocole de coopération qui vise à une connaissance et une reconnaissance mutuelles, instauration d’un dialogue riche entre les deux territoires, et l’identification des premiers enjeux de coopérations selon 3 axes :

a) L’économie et l’insertion :

  • développer l’export de la production agro-alimentaire du Pays COB via les infrastructures de transport portuaire brestoises ;
  • promouvoir conjointement les destinations touristiques et les grandes manifestations culturelles ;
  • valoriser des filières alimentaires de proximité ;
  • organiser des échanges de pratiques autour des dispositifs de soutien à l’entreprenariat, des dispositifs d’insertion et des dispositifs d’accompagnement des usages du numérique.

b)  La santé, la culture et les services :

  • conforter l’accès aux soins pour les habitants du pays du COB tout en confortant le niveau d’activité des équipements brestois : Centre hospitalier régional universitaire, écoles et formations universitaires dans le domaine de la santé…
  • culture : les deux territoires présentent une richesse de création qui mérite d’être valorisée dans le cadre d’échanges et de collaborations.
  • mobilisation des potentiels et dynamiques de la jeunesse: structurer et développer le travail partenarial, consolider et renforcer l’accompagnement des jeunes, soutenir l’émergence de leurs projets et les amener à découvrir les deux territoires.
  • Améliorer l’accessibilité et les liaisons

c) L’énergie et l’environnement 

  • Deux territoires, labellisés Territoires à énergie positive et pour la croissance verte.
  • organisation d’un débouché sur le territoire de Brest métropole pour la filière bois-énergie en cours de structuration dans le pays du Centre ouest Bretagne ;
  • partage avec le pays du Centre ouest Bretagne de l’ingénierie déployée par Brest métropole et Energence dans les domaines de la performance énergétique de l’éclairage public et de la plate-forme d’accompagnement à la rénovation énergétique du bâti.
  • Les modalités d’exercice de la compétence eau et assainissement par les EPCI sont également identifiées comme un sujet potentiel d’échanges.

 Dans le prochain article, je détaille les actions concernant les fonds et projets européens, le lobbying et les actions stratégiques, ainsi que mes initiatives pour la formation-recherche en vue de la transformation de l’action publique locale.

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Mon bilan à mi-mandat 1ère partie : au cœur des enjeux de la métropolisation, savoir mobiliser les ressources et organiser la coopération au service d’un projet de territoire inclusif

Brest Métropole ouverte et solidaire

Cet article est le premier d’une série où je prends le temps d’expliquer ce qui constitue ma vision de ma délégation aux politiques contractuelles et aux politiques européennes à Brest Métropole. Je le poste alors que les réunions publiques de bilan à mi-mandat commencent sur tout le territoire de la Métropole, à un moment où rendre compte sert de tremplin à nos propositions pour l’avenir, et à nourrir le débat public sur ce que sera notre territoire demain.

Dès le début du mandat 2014-2020, la création d’une délégation aux politiques européennes et contractuelles, qui n’existait pas auparavant, est un signal fort porteur de sens pour le modèle de développement de notre territoire. En accédant au statut de métropole, Brest, ville internationale, affirme l’ambition renouvelée d’inscrire tout projet, toute action, en cours ou à venir, dans une perspective européenne, au service du territoire et de ceux qui le font vivre. L’accent mis sur les politiques contractuelles indique une volonté de gouvernance territoriale fondée sur le dialogue et le contrat, en même temps qu’il acte le mode relationnel désormais prépondérant entre collectivités, partenaires, porteurs de projet et financeurs.

Ma délégation s’inscrit exactement dans la mise en œuvre du projet métropolitain 2025 « Brest, métropole ouverte et solidaire », qui conjugue l’exigence d’ouverture internationale et de gouvernance multi-niveaux à celle d’une agglomération résolument solidaire de son territoire ouest-breton, dont elle est naturellement, par ses ressources et par ses réseaux, par sa force de projection et sa capacité à rassembler tous les acteurs derrière une stratégie territoriale, le catalyseur du développement, sans volonté hégémonique ou concentration asséchante.

Son très haut degré d’intégration administrative, la qualité et l’intensité de sa planification à des échelles pertinentes, ses documents stratégiques élaborés avec d’autres collectivités du grand Ouest font de Brest Métropole un foyer d’innovation territoriale reconnu à l’échelle nationale et européenne, et j’ai plusieurs fois par an le plaisir d’accompagner nos services ou notre agence d’urbanisme dans des colloques et congrès où la parole brestoise est appréciée et inspirante.

En effet, au regard des difficultés croissantes des collectivités à répondre, par ses services publics ou par ses soutiens financiers, aux besoins de territoires fragilisés par les changements issus de l’économie mondialisée et la raréfaction budgétaire, Brest Métropole choisi de mobiliser ses forces vives économiques et citoyennes tous azimuts pour produire un développement durable et surtout partagé, sans en méconnaître les défis. 4 leviers principaux ont jusqu’alors été actionnés : les contrats territoriaux entre collectivités, les fonds et les projets européens, le lobbying stratégique et enfin la formation-recherche en gouvernance territoriale.

A mi-mandat, force est de souligner qu’il nous faut continuer à soutenir les efforts entrepris pour garder notre avance cohésive, qui est tout simplement vitale pour la plus petite métropole de la plus petite région française et, au-delà, pour l’ouest breton, compte tenu du déséquilibre régional au bénéfice de la partie Est de la Région Bretagne.

La faiblesse de la parole de l’Etat, dont l’horizon budgétaire se résume à quelques mois, la fin des politiques d’aménagement du territoire – pourtant indispensables pour compenser notre localisation périphérique – l’absence de marge de manœuvre fiscale et budgétaire des collectivités locales, à mettre au regard de l’injonction normative croissante qui émane des degrés administratifs supérieurs, le peu de richesse du bassin d’emploi et les besoins de solidarité croissants… tous ces facteurs rendent Brest Métropole fragile.

La vision politique claire, ambitieuse et solidaire, portée par François Cuillandre et son équipe permettent de transformer un point de faiblesse – l’interdépendance – en force. Encore faut-il que le déficit d’image de la collectivité, la transformation de l’Etat, l’affirmation régionale, l’affaiblissement départemental, le Brexit et la crise européenne, ne viennent pas mettre à bas brutalement tous nos efforts anciens. Rassembler, coopérer, fabriquer du projet et de l’adhésion, construire sur le long terme, être en pointe dans les réseaux, exister à toutes les échelles du mondial au local, tout ceci demande de la matière grise et des postes de haut niveau, de la méthode et de l’accompagnement, du temps, de l’énergie, des crédits de déplacement et de communication, dont nous ne savons pas encore dimensionner les besoins à juste proportion. Faire beaucoup avec peu demandera à raffiner notre organisation, encore calquée sur d’anciens modèles.

Malgré sa modestie, Brest Métropole a toujours été une cité-monde. Elle doit à présent en manifester les attributs : engranger de nouvelles ressources, s’inscrire dans les réseaux de transports structurants, construire une diplomatie territoriale qui ne dépend de personne mais associe tout le monde, contractualiser en bilatéral avec les places et les acteurs les plus importants sur ses marchés stratégiques, accueillir les citoyens du monde entier et s’y projeter de même avec facilité.

La marche est haute, mais dans notre cas, le « grandir ou périr » est une réalité tangible à l’horizon de cette fin de mandat, tout en conservant la méthode de coopérations qui fait du « modèle brestois » un modèle de société ouverte et d’efficacité de la dépense publique.

4 leviers sont actionnés pour adresser les enjeux précités :

1er levier : Les politiques contractuelles et les coopérations territoriales
Brest Métropole développe une politique contractuelle ambitieuse au service du co-développement de ses territoires d’influence et de ses partenaires.

2ème levier : les fonds et projets européens
Savoir monter des projets structurants pour le territoire co-finançables par les fonds européens est un savoir-faire historique de Brest Métropole qui doit être conforté.

3ème levier : le lobbying et les actions stratégiques
Brest Métropole participe à influencer et à enrichir de ses contributions partenariales les politiques européennes, nationales, régionales, départementales, les projets locaux et les réseaux thématiques, au service d’un développement économique s’appuyant sur sa maritimité.

4ème levier : la formation-recherche
Pour produire l’innovation indispensable à sa montée en puissance et faire reconnaître son modèle de métropolisation inclusive, Brest Métropole développe une ambition d’organisation apprenante, en partenariat avec les acteurs académiques régionaux.

Dans le prochain article, je donne un aperçu des actions réalisées ou en cours dans chacun de ces domaines.

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Mon bilan à mi-mandat 3ème partie : demain, la Métropole européenne de Bretagne Ouest

En conclusion de ce bilan de mandat, une vision d’avenir et quelques propositions.

La responsabilité des élus de ce territoire est proportionnelle à ses fragilités, mais aussi au rôle mondial de premier plan que l’Ouest de la Bretagne est susceptible de jouer dans les années à venir. Sa force agricole et agro-alimentaire, dans le contexte du réchauffement climatique, va devenir de plus en plus stratégique pour nourrir le monde, alors que des millions de km2 d’autres territoires deviendront impropres à la culture. La recherche et les innovations issues du campus mondial de la mer vont peut-être révolutionner la médecine, l’alimentation humaine et animale, résoudre une partie de l’équation énergétique. Sa maritimité est une garantie d’insertion dans les réseaux d’échanges mondiaux.

Dans ce contexte, la Métropole est la pierre angulaire d’un développement véritablement durable de son territoire d’influence : capable d’organiser les solidarités et l’économie en circuits courts et/ou circulaires, et en même temps, jouer pleinement dans la mondialisation et faire redescendre sur le territoire la valeur ajoutée qui y est attachée.

Pour autant, des évolutions rapides et des moyens massifs sont nécessaires pour atteindre cet horizon. Plus que jamais, le rôle des élus est d’être les premiers entrepreneurs de ce territoire :

  • « faire société » avec tous (public, privé, associations, citoyens) pour agréger les ressources et bénéficier des énergies convergentes. Cela implique la conception de politiques publiques favorisant la participation de tous les acteurs, avec un diagnostic partagé, des objectifs communs, et un système d’évaluation en continu, bref, en mode projet.
  • exercer un leadership clair et inclusif, affirmant nos valeurs politiques solidaires, qui recoupent les valeurs culturelles du territoire. Dessiner l’horizon, assumer les responsabilités, faire converger les stratégies de tous les acteurs vers ce qui est structurant pour le territoire et ses habitants.

Cela implique que ce rôle moteur soit relayé par les élus et responsables de toutes les strates territoriales. A mon niveau, je m’efforce de faire converger les politiques publiques dans les mandats que j’exerce. Quelques propositions :

  1. Elaboration d’une stratégie européenne de territoire commune entre la Région Bretagne, le Département du Finistère et Brest Métropole. Cette stratégie devra produire des politiques de soutien économique, d’équipements structurants, culturelle, de citoyenneté européenne beaucoup plus massives que celles conduites actuellement. Pour la Métropole, cette démarche se traduira au sein de la SMDE mais aussi à la Direction des relations internationales et dans la Mission Stratégie et Prospective. Une direction des partenariats métropolitains, déclinable en direction des coopérations et des cofinancements, pourrait rassembler ces personnels pour produire une action plus synergique.
  2. Saisir l’opportunité du discours présidentiel pour lancer des conventions démocratiques européennes. Rendre l’Europe efficace, simple et désirable est la condition sine qua non pour faire barrage aux réflexes populistes électoraux qui s’expriment partout sur le continent, élections après élections. La construction de l’Europe des territoires et des citoyens est une urgence, cette Europe ne doit laisser aucun territoire (ni urbain ni rural) ni aucun citoyen en marge. La Métropole peut porter une parole forte sur le sujet. Dans les politiques communales, la systématisation des échanges entre élèves et étudiants et des voies de financement associées doivent être recherchés. Les jumelages repensés doivent servir au co-développement économique, culturel et citoyen dans notre territoire.
  3. Dialogue territorial et international renforcé dans le contexte de la crise du Brexit avec le Cornwall Council dans le cadre de ma délégation départementale. Le Brexit comporte des menaces mais aussi de grandes opportunités de relocalisation d’activités, il s’agit de mobiliser les acteurs économiques, académiques et associatifs pour se mettre en ordre de marche à ce sujet.
  4. La stratégie européenne commune devra produire une vraie « diplomatie territoriale » capable de nouer des contrats, projets, investissements, animations, échanges en direct avec les territoires qui sont/seront nos partenaires économiques. Qui est le ministre des affaires étrangères de notre Métropole (question du leadership) ? Quelle est la feuille de route diplomatique de nos collègues élus ? C’est en organisant les réponses à ces questions que nous nous créerons de nouvelles opportunités à l’étranger.
  5. L’organisation d’une présence d’influence systématique à Paris, Bruxelles, Rennes, dans les réseaux et sur les territoires européens d’intérêt.
  6. La recherche d’agilité et de performance dans nos réponses aux appels à projets (Département, Région, Etat, Europe). Se doter d’équipes élus/techniciens formées, dotées des outils de communication adéquats, bien impliqués dans les réseaux locaux pour rassembler rapidement les partenaires publics et privés pressentis. Ces ingénieurs d’affaires de haut niveau, réactifs en moins d’une semaine pour monter une réponse à un AMI et préparer un oral, sont indispensables pour gagner plus de cofinancements. Il faut faire monter en compétence ces élus et ces techniciens par la formation et le rajeunissement des équipes.
  7. Plus généralement, nous devons nous penser comme un gouvernement de territoire. Territoire certes dépendant et interdépendant, mais mondialisé. Les thalassocraties ou les villes hanséatiques qui nous ont précédées dans le temps sont un modèle à revisiter, alors que l’Etat s’éloigne et n’est plus aménageur de territoire et distributeur de croissance.

Demain, nous serons une région-métropole européenne avec une véritable gouvernance multi-niveaux et une vraie démocratie territoriale, apte à relever les défis d’un monde complexe, avec l’esprit de conquête, le bon sens et les valeurs solidaires qui font le génie de la pointe bretonne.

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Le portrait social du quartier de Saint Marc par l’ADEUPA vient de paraître

Portrait social de Brest Métropole par l’ADEUPA http://www.adeupa-brest.fr

L’ADEUPA, l’agence d’urbanisme de Brest Métropole et de son pôle métropolitain, vient de faire paraître une étude détaillant le « portrait social » du territoire dans le cadre de son observatoire social. Réalisé à partir des données de l’Insee pour les 7 grands quartiers de Brest, les 8 communes, la métropole et le Pays de Brest, il donne à voir les évolutions en termes de population, d’habitat, d’activité et d’emploi, de revenus, d’éducation, de déplacements…

Conseillère départementale du canton de Brest 5 Europe-Saint Marc, je me suis penchée sur le quartier de mes administré.e.s, Saint-Marc, qui est aussi mon territoire de vie au quotidien. J’en ai retenu quelques chiffres qui sont autant de guides pour l’action :

Avec seulement 36 % de la population qui a moins de 30 ans, c’est le quartier le moins jeune de Brest.

La confirmation de la tendance forte au vieillissement du quartier est accompagnée d’une baisse démographique. C’est le signe d’un départ des familles vers d’autres quartiers et d’un faible turn-over. Il faudra intensifier la réflexion collective « bien vieillir » lancée depuis un peu plus d’un an par la municipalité et tous les acteurs du quartier, notamment afin de mieux prendre en compte le risque de solitude ou d’isolement social. Dans l’IRIS de Kerangall-Kérampéré une personne sur trois est âgée de plus de 60 ans ! En appartement (50 % des ménages vieillissants) ou dans la zone pavillonnaire, l’adaptation de l’habitat au grand âge de ses occupants est une priorité.

• Un ménage sur deux est composé… d’une seule personne

Cette moyenne est aussi celle de la ville centre. Cela signifie que, même si le quartier perd des habitants, il faudra construire plus de logements. Ceci n’est paradoxal qu’en apparence. Se retrouver seul.e, avec parfois un léger handicap lié à l’âge, avec moins de ressources, nécessite de pouvoir intégrer un logement adapté à ses nouveaux besoins. Or, faute d’offre suffisante, ces personnes seules occupent les grands appartements ou les pavillons qui seraient nécessaires au logement des nouvelles familles, bloquant la fluidité du parcours résidentiel dans le quartier. Il faut donc offrir plus de produits-logements diversifiés dans le quartier de Saint Marc, pour s’adapter à la réalité des parcours de vie des personnes. Or, l’augmentation moyenne du nombre de logements par an est deux fois plus faible qu’ailleurs dans la ville de Brest, ce qui fait de la densification du quartier un autre priorité.

•8,7 % des logements du quartier sont vacants

Ce qui est supérieur à la moyenne brestoise, avec une concentration autour de Keruscun-Sebastopol-Poul ar Bachet-Petit Paris. Cette vacance se concentre sur des typologies d’habitat d’avant-guerre, dont les immeubles de rapport souffrent de la faiblesse des copropriétés qui ne peuvent investir dans les rénovations nécessaires. Bas loyers qui logent de bas revenus, petits logements, quasi-insalubrité : la nécessité d’une rénovation urbaine importante de ces quartiers proches du centre-ville se fait jour, comme ce qui a été entrepris à Saint Martin et à Recouvrance.

• 73 % d’actifs dans le quartier, dont 20 % de cadres, record brestois.

46 % des actif.ive.s sont ouvrier.ère.s et employé.e.s. Pour autant, le chômage a augmenté de 2,2 % sur la période depuis 2013, mais les chômeurs restent inférieurs en nombre par rapport aux autres quartiers. La part des jeunes (jusqu’à 24 ans) parmi les chômeurs augmente plus vite que les autres tranches d’âge. A mettre en balance avec le fort taux d’études supérieures : plus d’un jeune sur deux dans le quartier poursuit des études après le bac, et le taux général de jeunes diplômés est bien supérieur à celui de la ville. Développer et diversifier le nombre d’emplois, et donc l’activité en général sur le quartier pour équilibrer par rapport au résidentiel, semble une piste intéressante pour répondre aux besoins.

• Le revenu médian est supérieur à celui de la Métropole.

Des disparités importantes entre le nord et le sud du quartier sont à souligner : si Forestou-Le Bot-Pont Neuf – Kérangall – Kérampéré font figure de quartiers riches, il n’en est pas de même pour le reste des ménages saint-marcois. Aucun de ces derniers ne figurent dans la tranche des plus bas revenus, ce qui fait que le taux de pauvreté est globalement très inférieur à celui de la ville sur l’ensemble du quartier. Ce qui doit focaliser l’attention c’est le creusement des inégalités et la nécessaire cohésion sociale du quartier, pour laquelle de grands efforts devront être faits pour contrer la tendance naturelle à la ségrégation sociale.

• Seulement 70 % des actif.ive.s habitant Saint-Marc travaillent à Brest

Ce qui explique peut-être que seul.e.s 13 % des actif.ive.s utilisent les transports en commun pour aller travailler. La proximité des grands axes routiers peut expliquer le choix de résidence à Saint Marc des cadres qui composent une bonne partie de la population active. Ces automobilistes doivent être sensibilisés à l’échelle de mobilité adaptée au quartier où ils résident, par des encouragements aux trajets à pieds, à vélo, en transport en commun, ces derniers devenant plus pratiques et plus désirables que le réflexe automobile.

En conclusion, une étude courte et synthétique très inspirante, qui marque l’évolution métropolitaine (vieillissement, richesse, polarisation interne et inégalités croissantes) de ce quartier de ville. C’est un regard global et donc un travail d’équipe qui est nécessaire pour élaborer un projet urbain et social qui réponde aux enjeux identifiés. La métropole (urbanisme, habitat, services de proximité), le département (social, vieillissement, handicap), la région (activités économiques, formation) doivent raffiner leurs approches territoriales pour cibler leurs dispositifs au plus près. J’y concoure avec détermination.

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Rendre son rôle politique à la Commission Régionale de Programmation Européenne (CRPE)

 

La Commission Régionale de Programmation Européenne (CRPE) de la Région Bretagne est l’instance qui attribue formellement les fonds structurels européens (FEDER, FSE, FEADER, FEAMP) aux projets bretons éligibles. Elle est co-présidée par le représentant de l’Etat en Région – le Préfet de Région, ou, en l’occurrence, sa Secrétaire Générale aux Affaires Régionales, Cécile Guyader – et le Président de la Région Bretagne – ou en l’occurrence, Forough Salami-Dadkhah, vice-présidente en charge de l’Europe et de l’International. Les dossiers qui parviennent jusqu’à la CRPE sont instruits par les services de la Région et de l’Etat en amont. Il est exceptionnel qu’ils soient programmés en séance alors qu’ils ne répondent pas aux critères, et l’enjeu d’assister à la Commission, de défendre et de voter les projets est donc moindre pour les élus et les bénéficiaires. Pourtant, il s’agit bien d’une étape politique voulue par la Commission pour renforcer la démocratie territoriale et l’appropriation par les parties prenantes des enjeux européens. J’ajoute que les montants et la nature structurante des projets devrait inciter chaque élu à s’en emparer. Allons, mes collègues élus pourront en convenir : combien avons-nous connus de conseil municipaux où l’on s’écharpe pour une subvention de 3 000 €, alors que dans le même temps, la chaise du territoire est vide en CRPE où l’on programme plusieurs millions d’euros ? (ce jeudi 14 septembre, plus d’1,5 millions d’euros pour des projets finistériens !).

Constatant la désaffection croissante de l’instance, la Région Bretagne a lancé une concertation pour redynamiser cette Commission. Je participe presque systématiquement aux CRPE physiques, et j’ai suffisamment d’expérience en tant qu’élue locale pour pouvoir contribuer à la réflexion. Avec ma double délégation « politiques européennes » à la fois à Brest Métropole et au Département du Finistère, j’ai pu coordonner une réponse conjointe au questionnaire régional.

Voici nos propositions :

  • Présentation synthétique de chaque projet en séance , lors de CRPE se tenant systématiquement en réunion plénière une fois par trimestre et en mode visio-conférence lesautres fois (cf programmation 2007-2013) ;Les CRPE sur plateforme numérique Kelenn ont contribué au désintérêt constaté des acteurs ; il y a d’autre part une discordance entre les exigences de tenue des comités locaux (CUP, comité sélection ITI ) avec les impératifs de quorum et de vote pour un 1er avis d’opportunité , et les conditions de la CRPE dont l’avis conduit à la prise de décision de financement ; opportunité de revoir, d’assouplir en cohérence les règles de représentation et de fonctionnement des comités locaux
  • Présentation de quelques projets emblématiques par les porteurs de projets , et à titre d’exemple de bonnes pratiques pour les autres programmes Interreg , Horizon 2020, Actions Innovatrices Urbaines, Life, etc.
  • Visites de projets financés par les fonds européens sur sites à pérenniser 2 fois par an par exemple, et combinées à une CRPE délocalisée
  • Informations sur les dispositifs de financement : synthèses à faire en CRPE et documents détaillés diffusés et mis en ligne avec alerte sur cette mise en ligne : dispositifs, appels à projets
  • Information sur l’avancement financier des grands programmes, avec une information précise des affectations Feder, Fse, Feader, Feamp par action, par grand dispositif, les ITI , VT Feamp , et les programmes Interreg
  • Point d’actualité générale de l’Union Européenne, et de l’Union Européenne en Bretagne, en associant le partenariat aux différentes démarches à entreprendre : lobbying post 2020 en particulier, Brexit, programmes d’investissement de l’UE (Plan Juncker, …)

La très grande diversité des bénéficiaires des fonds européens, le foisonnement des projets, la complexité de la mise en œuvre des fonds, tout cela plaide pour faire de la CRPE une véritable instance d’acculturation commune des acteurs et l’émergence d’une intelligence territoriale régionale en lien avec l’Etat et l’Europe. De là peuvent découler une stratégie partagée, une priorisation des projets et un meilleur financement public pour ces projets structurants. La CRPE est l’occasion d’installer un mini-gouvernement multiniveau des projets financés par l’Europe. Réhabilitons cette instance en tant qu’instance politique et instance de projets partagés !

Brest Métropole, Département du Finistère

Un premier contrat de réciprocité ville-campagne entre Brest Métropole et le Pays du Centre Ouest Bretagne

Le contrat de réciprocité ville-campagne entre Brest Métropole et le Pays du Centre Ouest Bretagne sera signé le 10 novembre 2016

Le contrat de réciprocité ville-campagne entre Brest Métropole et le Pays du Centre Ouest Bretagne sera signé le 10 novembre 2016

Quelle expérience ! Un an de discussions riches et enthousiastes pour aboutir à ce contrat, le premier en France. Il matérialise simplement les liens qui existent déjà entre deux territoires ultra-périphériques : Brest Métropole et le Pays COB, qui sont conscients de leur communauté de destin et qui reconnaissent leur capacité mutuelle à s’en saisir.

Si la séance de validation en conseil métropolitain vendredi dernier fut d’assez bonne tenue, le débat en séance plénière au département ce matin fut décevant, Troadec et la droite mêlant leur mépris de cette démarche originale pour fustiger les « bobos brestois » ou l’arrogance supposée de la Métropole, et surtout pour dénigrer les élus du Pays COB qui ont participé à la démarche. C’est bien dommage de faire passer les querelles de clocher avant la dynamique des territoires. Si Troadec et la grande ville de Carhaix ne parle pas à la petite commune rurale de Motreff, ce n’est tout de même pas la faute de la Métropole… qui elle, considère les territoires alentours comme des égaux. Qui reconnaît sa responsabilité envers eux.

C’est une démarche ascendante qui a associé des élus locaux, mais aussi des citoyens des 2 conseils de développement, des responsables associatifs, des techniciens et des élus des chambres consulaires, des sociétés et organismes publics et les capacités d’observation de l’agence d’urbanisme. C’est tout sauf un travail en chambre. Il vise à rendre des projets visibles, lisibles, et surtout finançables par l’Etat, la Région, les Départements, la Caisse des Dépôts et Consignations. Il enrichit l’inter-connaissance des acteurs des territoires et l’innovation qui résulte de ces regards croisés. Il instaure un cadre pérenne pour le dialogue politique et l’émergence de stratégies communes. Autant d’assurances-vie pour le futur alors que le paysage budgétaire et territorial est plus qu’incertain.

Brest Métropole

Nourrir la Fraternité [ par ici la bonne soupe ]

Venez goûter le plaisir d'une fête de quartier au 12ème festival de la soupe à Saint Marc le 15 octobre 2016

Venez goûter le plaisir d’une fête de quartier au 12ème festival de la soupe à Saint Marc le 15 octobre 2016

Quoi de plus nourrissant qu’une bonne soupe ? Symbole de simplicité partagée, la soupe est l’aliment fédérateur tout indiqué en ces temps de disette sociale. Nous avons besoin de liens comme nous avons besoin de pain, nos vies fragmentées, hyper-individualisées, sont frustrées de ces moments essentiels où l’on retrouve tout simplement ses voisins pour partager un repas sans enjeux, sans stress, sans méfiance, entièrement occupés à redécouvrir et à goûter le plaisir d’être ensembles.

Lors de la fête du pain du quartier Europe à Pontanézen la semaine dernière, j’ai pu mesurer à quel point les gens étaient heureux de se côtoyer pour écouter de la musique, manger des crêpes et du pain, jouer avec les enfants, dans la plus grande diversité humaine et culturelle qui soit. Les militantes de l’espace féministe  L Cause et les mamans voilées du quartier, les jeunes turbulents et les grands-pères bretonnants, les militants associatifs et les simples curieux : tous prouvent qu’il est possible de vivre une Fraternité républicaine apaisée dans l’espace commun lorsque les conditions sont propices.

Nul doute que la fête de la soupe du quartier de Saint Marc sera l’occasion de le vérifier encore une fois samedi 15 octobre prochain. Pour apprécier cette recette citoyenne il suffit d’appliquer des principes éprouvés depuis longtemps : se laisser guider par son intuition (liberté), laisser tomber ses préjugés (égalité), avoir faim de partage (fraternité). Lorsque la droite et l’extrême droite agitent les peurs à des fins électoralistes, aidés par des médias sans discernement, alors que les esprits forts cherchent à culpabiliser les habitants d’aller vers les autres au bénéfice d’un cynisme généralisé, résistez. L’intelligence du cœur nourrit très bien celle de l’esprit. Des temps sombres s’annoncent, où la faim devient de moins en moins virtuelle, où la violence entre les humains redevient la norme primitive. Résistez simplement. Partagez votre soupe, fier de vos recettes familiales ou personnelles, ce qui vous permettra d’apprécier d’autant celles des autres.

Personnellement, j’adore cuisiner. Par exemple, j’aime bien faire revenir mes légumes d’été à l’huile d’olive avec une branche de thym avant de les couvrir d’eau dans la cocotte. Ou allier la douceur musquée du panais à la châtaigne et à la poudre de noisettes dans une soupe de potimarron. Cela me vient de générations de femmes avant moi, préoccupées d’enchanter le quotidien de leurs proches autant que d’assurer leur survie. De proches en proches nous le sommes tous, nourrissons la Fraternité.