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Brest Métropole

Département du Finistère

Décisions de la Commission Permanente du Conseil Départemental du Finistère du 1er juillet 2019

Pour les cantons de Brest Métropole, c’est plus de 2 697 560€ de crédits engagés par la collectivité départementale, qui se déclinent de la manière suivante :

  • Association Côte Ouest – Brest – 2 500 € Soutien au projet « culture et handicap » Association Longueur d’Ondes – Brest – 5 000 € Soutien au programme d’éducation à l’image et d’ateliers de sensibilisation des publics à l’écoute et à la radio Soutenir la dynamique des arts vivants et des pratiques artistiques sur les territoires La Rigole – Brest – 7 500 € , Aide à la coproduction du projet « Si Camille n’était pas morte » de S. d’Orgeval Valoriser et conserver les archives Ville de Brest – Brest – 5 565,45 €
  • Participation aux travaux du dépôt annexe des archives départementales Conserver et valoriser le patrimoine architectural et archéologique sur les territoires CEPAM UMR 7264 – Plougastel-Daoulas – 12 000 € Soutien au projet de fouilles archéologiques sur le site du Rocher de l’Impératrice
  • Préserver et soutenir le développement culturel des musées et des sites du réseau Association « Les amis du patrimoine » – Musée de la fraise et du patrimoine – Plougastel Daoulas dans le cadre du Contrat de territoire avec Brest Métropole – 6 666 €
  • Aide au fonctionnement Ancrer les arts visuels en Finistère Image – Plougastel-Daoulas – 7 650 € Soutien aux postes d’animateurs de cinéma art et essais associatifs
  • Education-jeunesse Promouvoir le développement social local du Pays de Brest Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) – Pays de Brest – 8 160 € Soutien à l’accompagnement individuel visant à l’autonomie des jeunes
  • Soutenir l’enseignement supérieur et la recherche Brest’aim – Brest – 200 000 € Programme de développement de culture scientifique d’Océanopolis
  • Soutenir la transmission et la pratique de la langue bretonne Sked – Brest – 1 200 € Aide aux projets intergénérationnels « Tro-dro dit ! »
  • Soutenir l’information, les initiatives et les engagements des jeunes Evasion Pays Accueil Loisirs – Brest – 7 500 €
  • Soutien au fonctionnement Un habitant – Guilers – 200 €
  • Aide à l’obtention du BAFA (brevet d’animateur aux fonctions d’animateur) Maison Pour Tous de Pen Ar Creach – Brest – 7 650 €
  • Soutien aux fonctions de coordination 2019 Doter les collèges en matériel ou participer à leur financement – Subvention de réparation de matériel de cuisine : Collège public Kerallan – Plouzané : 879 € Collège public Victoire Daubié – Plouzané : 2 684 € Collège public Anna Marly – Brest : 4 564 €
  • Moderniser et rendre accessibles les collèges publics (programme pluriannuel de travaux) Collège La Fontaine Margot Keranroux – Brest – 8 403 €
  • Subvention pour la création de terrains de basket Collège du Vizac – Guipavas – 150 000 € Traitement acoustique de salles
  • Accompagner les investissements dans les collèges privés – Soutien à l’investissement (rénovation, construction, accessibilité bâtiments socilalires…) : Ogec Collège privé Saint Michel – Plouzané : 28 724 € Ogec Groupe Scolaire Collège privé La Croix Rouge – Brest : 92 426 € Ogec Groupe Scolaire de L’estran Lycée Privé Charles de Foucaud – Brest : 114 372 € Ogec Groupe Scolaire – Lycée Privé Javouhey Kerbonne – Brest : 43 848 € Ogec Groupe Scolaire Sainte Anne – Brest : 95 493 € Ogec Groupe Scolaire St Vincent Collège privé Saint Vincent – Brest : 34 428 € Ogec Sainte Marie – Collège privé Sainte Marie – Guilers : 16 766 € Ogec Collège Saint Jean De La Croix – Collège privé St Jean de la Croix – Le Relecq Kerhuon : 32 144 € Ogec Saint Charles Sacré Coeur – Collège privé Saint Charles – Guipavas : 44 981 € Ogec Ste Anne – Collège privé Sainte Anne – Plougastel Daoulas : 51 151 € Skolaj Diwan Penn Ar Bed – Le Relecq Kerhuon : 42 889 € – Soutien à l’achat de matériel informatique : Collège privé La Croix Rouge – Brest : 10 803 € Collège privé Estran – Brest : 10 483 € Collège privé A.M. Javouhey – Brest : 12 278 € Collège privé Sainte Anne – Brest : 9 246 € Collège privé Saint Vincent – Brest : 6 141 € Collège privé Sainte Marie – Guilers : 4 866 € Collège privé Saint Michel – Plouzané : 6 015 € Collège privé Saint Charles – Guipavas : 7 251 € Collège privé Diwan Penn Ar Bed – Le Relecq-Kerhuon : 5 690 € Collège privé Saint Jean de La Croix – Le Relecq-Kerhuon : 8 564 € Collège privé Sainte Anne – Plougastel-Daoulas : 7 066 €
  • Aide aux travaux dans les écoles bilingues breton du 1er degré Ville de Brest dans le cadre du Contrat de territoire avec Brest Métropole – 41 975 €
  • Aides aux travaux à l’école du Forestou – 60 000 € Aides aux travaux au groupe scolaire Paul Eluard – 80 000 € Aides aux travaux, regroupement des écoles maternelles Lyon et Algésiras – 53 210 € Aides aux travaux à l’école Jean Macé
  • Assurer le fonctionnement des collèges publics – Dotation Education physique et sportive 2019 Collège public Harteloire – Brest : 13 383,57 € Collège public Iles Du Ponant – Brest : 3 163,39 € Collège public Iroise – Brest : 19 710,34 € Collège public La Fontaine Margot – Kéranroux – Brest : 13 870,24 € Collège public Kerhallet – Brest : 15 086,93 € Collège public Les Quatre Moulins – Brest : 13 383,57 € Collège public Anna-Marly – Brest : 12 653,55 € Collège public Penn Ar Ch’leuz – Brest : 10 195,42 € Collège public Saint Pol Roux – Brest : 10 220,18 € Collège public Croas Ar Pennoc – Guilers : 10 220,18 € Collège public Kerallan – Plouzané : 11 923,54 € Collège public Victoire Daubié – Plouzané : 10 950,19 € Collège public du Vizac – Guipavas : 15 816,94 € Collège public Camille Vallaux – Le Relecq Kerhuon : 13 383,57 € Collège public La Fontaine Blanche – Plougastel Daoulas : 14 113,58 € Collège public du Vizac – Guipavas – 1 455,48 € Dotation de fonctionnement complémentaire
  • Assurer le fonctionnement des collèges privés – Dotation Education physique et sportive 2019 : Collège privé Estran – Brest : 526,16 € Collège privé A.M. Javouhey – Brest : 4 162,66 € Collège privé La Croix Rouge – Brest : 3 177,04 € Collège privé Saint Vincent – Brest : 8 636,85 € Collège privé Sainte Anne – Brest : 5 224,28 € Collège privé Sainte Marie – Guilers : 4 881,70 € Collège privé Saint Michel – Plouzané : 9 733,50 € Collège privé Saint Charles – Guipavas : 9 763,39 € Collège privé Diwan Penn Ar Bed – Le Relecq-Kerhuon : 10 359,83 €Collège privé Saint Jean de La Croix – Le Relecq-Kerhuon : 7 300,13 € Collège privé Sainte Anne – Plougastel-Daoulas : 11 923,54 €
  • Emploi- Attractivité Valoriser la mer et le littoral Société des Régates – Brest – 1 202 € Soutien à la manifestation Distro War – 6 000 € Soutien au Championnat de France de voile Handivoile Brest – Brest – 2 350 € Aide à l’organisation de journées promotionnelles et de la Régate handivoile – 6 160 € Aide à l’acquisition de matériel nautique Association Voile en Pays de Brest – Brest – 5300 € Aide au fonctionnement USAM Voile – Brest – 14 000 € Aide à l’acquisition de matériel nautique – 6 039 € Aide à la filière de haut niveau
  • Favoriser les conditions d’accès et de retour à l’emploi AGDE – Brest – 12 960 € Subvention 2019 Rail Emploi Services – Brest – 12 960 € Subvention 2019 Sato Relais – Brest – 49 680 €
  • Subvention 2019 Renforcer l’attractivité touristique Association des Sept calvaires monumentaux de Bretagne – Plougastel-Daoulas – 15 000 €
  • Aide au fonctionnement Enfance – Famille Promouvoir le développement social local du Pays de Brest Association Départementale de la Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence et des Adultes du Finistère (ADSEA 29) – Pays de Brest dans le cadre du Contrat de territoire – 27 895 € Maison des Parents : – Validation de la convention partenariale avec la ville de Brest, la CAF et l’ADSEA 29 – Soutien au fonctionnement de l’ADSEA 29 Centre social Horizons Lagrange Ouest – Brest – 71 594 € Soutien aux actions de prévention jeunesse Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) et Centre social Horizons Lagrange Ouest – Pays de Brest – 8 160 € Soutien aux actions de prévention jeunesse : – AFEV : 4896 € – Centre social : 3264 €Groupe Pédagogique Animation Sociale (GPAS) – Pays de Brest – 59 839 € Soutien aux actions de prévention jeunesse Comité d’animation Couleur Quartier – Brest – 37 436 € Soutien aux actions de prévention jeunesse Soutenir la parentalité – Subvention 2019 Archipel Aide et Soins à Domicile – Brest : 15 734 € Ensemble Autour de Bébé – Brest : 11 785 € La Ribambelle – Brest : 18 000 € MPT du Guelmeur – Brest : 5 200 € Commune de Guipavas : 1 552 € Soutenir les modes d’accueil de la petite enfance Association « Planète Loisirs » – Brest dans le cadre du Contrat de territoire avec Brest Métropole – 22 500 € Subvention pour l’accueil d’enfants en situation de handicap
  • Agir en faveur de la protection maternelle et infantile Réseau de Périnatalité de Bretagne Occidentale – Brest – 3 000 € Soutien aux actions
  • Environnement Agir pour la protection et la découverte des espaces naturels et des paysages pour tous publics Brest Métropole – Brest dans le cadre du Contrat de territoire avec Brest Métropole – 7 026 € Subvention de fonctionnement – Gestion de la randonnée et/ou des espaces naturels
  • Insertion Promouvoir le développement social local du Pays de Brest La Caisse à Clous – Pays de Brest dans le cadre du Contrat de territoire avec Brest Métropole – 17 000 € Soutien aux actions de solidarité auprès des personnes fragilisées ABAFFE – Pays de Brest dans le cadre du Contrat de territoire avec Brest Métropole – 1 000 € Soutien aux actions de formation linguistiques – 9 000 € Soutien aux actions d’insertion professionnelle SOS Familles Emmaüs – Finistère nord – 1800 € Soutien aux familles en difficultés financières Groupe Pédagogique Animation Sociale (GPAS) – Pays de Brest – 6 200 € Soutien à l’action de « lutte contre l’isolement avec le développement durable » Favoriser l’accès aux droits et à l’autonomie des publics en situation de précarité AGEHB – Pays de Brest – 59 514 € Aide à l’accueil de jour : « Le Phare »Solidarités
  • Financer la vie à domicile des personnes âgées Aqualife – Pays de Brest – 1 200 € Soutien au projet initiation sport sénior Archipel – Brest – 3 636 € Soutien aux ateliers histoires brestoises Association les Amitiés d’Armor – Brest – 80 035,48 € Forfait activité SPASAD 2019 CCAS – Brest dans le cadre du Contrat de territoire avec Brest Métropole – 150 800 € Soutien au fonctionnement du Centre local d’information et de coordination (CLIC) CCAS – Résidence de Poul Ar Bachet – Brest – 25 808,99 € Forfait autonomie 2019 Mutuelles de Bretagne Finistère – Brest – 54 053,78 € Forfait activité SPASAD 2019 Office des retraités de Brest (ORB) – Brest – 10 486 € Soutien au dispositif « accès aux activités PA/PH » – 4 953 € Soutien au dispositif « atelier « regard sur soi » – 3 053 € Soutien au dispositif « le B-a-BA » – 1 330 € Soutien au dispositif « les alternatives à la conduite » – 3 253 € Soutien au dispositif « promotion mobilité » Association Vert le jardin – Pays de Brest – 5 000 € Soutien au dispositif  » un jardin pour 2″ Association d’action sociale éducative et culturelle – Le Relecq-Kerhuon – 2 000 € Soutien à la mise en place d’ateliers cuisine séniors Centre social l’Astérie – Plougastel-Daoulas – 6 000 € Soutien au projet « Vieillir à Plougastel-Daoulas » SIVU des Rives de l’Elorn – Ehpad de Ker Laouena – Le Relecq Kerhuon – 17 615,66 € Forfait autonomie 2019 Contribuer à la construction des établissements pour les personnes handicapées Association l’Arche – Le Relecq-Kerhuon dans le cadre du Contrat de territoire avec Brest Métropole – 10 000 € Aide à la restructuration du foyer de vie Ker Heol
  • Sport Agir en faveur du sport pour tous Brest Métropole – Brest – 60 000 € Aide au fonctionnement du Centre de médecine du sport Tonnerre de carreaux – Brest – 3 000 € Subvention pour la 2nde édition du National de pétanqueClub nautique brestois – Brest – 1 100 € Subvention pour le meeting de natation du grand ouest catégorie « jeune » – 200 € Subvention pour le meeting de natation « Tout commence en Finistère » Guilers VTT nature – Guilers – 1 000 € Subvention pour la Chouette Guilérienne, Les 24 heures de VTT du Pays de Brest
Brest Métropole

La Fabrique Citoyenne du Bien Vivre

Brest est une ville forte, à taille humaine, où il fait bon vivre grâce à l’engagement de ses habitant.e.s et à la culture de la solidarité qui lie collectivité, associations, et citoyen.ne.s. Et demain ? Comment faire vivre cette culture commune dans un monde en transition ?

Pour réfléchir ensemble au programme de gauche à porter lors des prochaines municipales, nous organisons un cycle d’ateliers participatifs ouverts, avec trois thématiques :

  • Bouger / accéder le jeudi 6 juin à 20h à la MPT de Lambézellec. Quelles mobilités demain à Brest ? Se déplacer collectivement et individuellement, mais aussi accéder au logement, aux commerces et aux services quels que soient ses moyens, son handicap ou son âge, comment organiser une ville pour tous…
  • Se réaliser / être en lien, dans le courant du mois de juillet à Recouvrance (date et lieu à confirmer). Travailler, étudier, se cultiver, participer à la vie associative…
  • Etre en confiance / partager, dans le courant du mois de septembre au centre ville (date et lieu à confirmer). Evoluer en sécurité, organiser la solidarité, penser les espaces publics…

C’est un dispositif très rythmé qui propose en ouverture quelques interviews d’habitant.e.s sur le thème à traiter, puis l’intervention d’un témoin, acteur associatif ou praticien, qui proposera un point de vue et une problématique et enfin la mise en participation des personnes présentes sous forme de tables de 5 à 8 personnes qui produira des propositions selon la matrice Conserver/Cesser/Créer.

Nous invitons largement toutes celles et ceux qui souhaitent imaginer un projet collectif pour le futur social, écologique et humain de notre ville à venir contribuer à ces ateliers ouverts.

Brest Métropole

Brest Métropole avance, se transforme, se développe, et son carburant, c’est l’Europe !

Unie dans la diversité

J’ai eu l’honneur de prononcer les propos introductifs au Conseil de Métropole du 26 avril 2019 dernier. Voici mon intervention :

Monsieur le Président, Chè.e.r.e.s Collègues,
Pour les habitantes et les habitants qui regardent peut-être pour la première fois ce conseil métropolitain en vidéo, j’ai un message simple : Il y a 46 délibérations à l’ordre du jour de ce conseil qui montrent que Brest Métropole avance, se transforme, se développe, et son carburant, c’est l’Europe ! Donc le bulletin de vote que vous glisserez – ou pas ! – dans l’urne dira qui va décider là-bas de notre avenir ici… Il est bon de le rappeler, à l’heure où 74 % des jeunes interrogés par le Journal du Dimanche déclarent qu’ils n’iront pas voter aux élections européennes le dimanche 26 mai prochain, et que d’une manière plus générale 59 % des français du panel IFOP interrogé il y a quelques jours ont l’intention de s’abstenir. Quand on connait comme je le connais l’importance de l’enjeu, ça fait froid dans le dos…

A bon entendeur : toutes les délibérations de ce conseil sont concernées, toutes, soit directement par des fonds, soit indirectement du fait de l’environnement réglementaire, par des politiques européennes, et certaines, comme par exemple la numéro 24 procèdent directement d’un programme européen. Renewable Energy Region, c’est le nom de ce projet, est un exemple parfait pour décrire comment l’Europe nous aide à projeter la Métropole dans l’avenir en relevant le défi majeur de ce futur si incertain : accélérer les transitions, mais de manière solidaire avec les territoires qui sont en interdépendance avec la Métropole. L’Europe ça aide à innover, à avancer plus vite, et surtout avec tout le monde !

Dans RegEnergy il s’agit de créer une alliance avec la Communauté de Communes du Kreizh Breizh (du centre Bretagne) pour produire de l’énergie renouvelable, et que chacun puisse répondre aux objectifs issus de l’urgence climatique. Nous amenons le projet, l’argent européen du projet, et nous mettons à disposition l’ingénierie complexe pour développer le projet – ils sont le territoire où va se produire l’énergie décarbonnée dont nous avons besoin tous ensemble. Sans l’opportunité de cette coopération Interreg, aurions-nous seulement eu l’idée de ce partenariat original, et surtout combien de temps aurait-il fallut pour que nous trouvions les moyens pour le réaliser ?

L’Europe est partout dans nos politiques publiques, surtout dans les plus innovantes et les plus solidaires, ce projet du contrat de réciprocité Ville-Campagne avec le Pays du Centre Ouest Bretagne nous le prouve. C’est la raison pour laquelle nous avons adopté le 1er février dernier une Stratégie Métropolitaine Européenne de Territoire : pour donner à lire ces enjeux et pour fédérer tous les acteurs autour d’un plan d’action à construire ensemble pour capter toutes les opportunités possibles et parer ensemble les menaces potentielles.

Freiner la construction européenne, réduire son ambition, diminuer ses moyens, c’est mettre Brest Métropole en panne. Si vous aimez ce territoire, si pour vous « ici c’est Brest » ça veut dire qu’on est bons parce qu’on sait faire ensemble, alors votez aux européennes, et votez pour des gens qui ont de l’ambition pour l’Europe. Loin des clichés d’un ramassis de lobbyistes sans âmes et de technocrates malfaisants, l’Europe peut tout à fait ressembler à ce que nous essayons nous-même de bâtir à la pointe bretonne : une alliance de territoires engagés pour que chacune et chacun de ses citoyens, quels que soient ses besoins, y compris d’être protégé et accompagné, ait le meilleur avenir possible dans un monde vivable. Nous, petit territoire excentré à la pointe, nous métropole coopérative, nous territoire maritime ouvert et confronté à la mondialisation, nous avons terriblement besoin d’une Europe au service de notre projet de développement durable, protectrice des solidarités et de l’intérêt général.

Comment faire ? Sachez que les nouvelles politiques européennes pour la période 2021-2027 seront décidées par les nouveaux parlementaires. Ce sont eux qui vont décider du cadre et des ressources de notre futur développement. Je m’explique. Les fonds de cohésion représentent presque 1 milliard d’euros pour la Bretagne dans la programmation 2014-2020 – et je ne vous parle même pas de la politique agricole commune, des fonds spécifiques pour les laboratoires de recherche ou des prêts massifs pour les grands projets dits prêts Juncker. Pensez-vous une seconde que nous pourrions faire sans ? Que notre Etat national abonderait magiquement sa dépense publique pour financer nos projets de développement local, et pas les siens en priorité ?

En France, ce sont les collectivités locales, quelles que soient leur taille et leur richesse, qui sont en première ligne pour faire face aux défis de la transition. Lutter contre le réchauffement climatique, construire des plans alimentaires locaux, augmenter la part du bio dans les cantines, faire en sorte que tous aient accès au numérique et sache s’en servir… l’Etat-nation sur tous ces sujets est inefficace, voire défaillant, voire dysfonctionne, et c’est l’Europe, dans une relation directe, qui nous donne les moyens d’agir, d’organiser notre résilience locale avec nos territoires alliés, nos coopérations.

Encore quelques chiffres pour convaincre les derniers sceptiques. Entre 2014 et 2018 ont été programmés :

  • 11,8 millions d’euros de Fond Social Européen pour des actions d’insertion sur le territoire du Pays de Brest
  • 11 millions d’euros de FSE pour les actions de formation professionnelle du programme Bretagne Formation de la Région Je me permets de souligner que ces fonds bénéficient en direct aux habitantes et habitants du pays de Brest qui sont concernés par le retour à l’emploi ou la formation : l’Europe c’est pour les gens, pas seulement pour les grands équipements !
  • 38 millions d’euros de FEDER, le fond européen de développement, dont par exemple 15 millions pour le nouveau quai des énergies marines du port qui représente notre avenir industriel et 4 Millions pour le téléphérique
  • 10 millions de FEDER au titre des projets de coopération territoriale européenne où des acteurs du territoire sont partenaires comme IFREMER, l’UBO, le Technopôle, la Maison de l’Emploi …

A travers l’enveloppe de 10 millions d’euros de FEDER dont la programmation est confiée à la Métropole, l’Europe accompagne des projets qui sont le visage de la Métropole de demain : le transport urbain collectif en site propre, le futur pôle d’échange multimodal de la gare, la réhabilitation thermique du parc de logement social de plusieurs bailleurs sociaux sur le territoire, le futur portail numérique de services aux familles… ce ne sont que quelques exemples.

Envoyer au parlement des élus motivés par la construction européenne, donner plus de pouvoir aux parlementaires par rapport aux Etats Nationaux pour réguler la financiarisation du monde et faire à nouveau prévaloir le citoyen et la planète, c’est notre meilleure assurance vie dans un monde de géants pas toujours démocrates et jamais désintéressés.

L’Europe n’a rien d’une chimère opaque et distante, elle structure et irrigue le quotidien de chacun : droits politiques, droits sociaux, droits économiques, liberté de circulation. Nos voisins du Royaume Unis commencent à s’en rendre compte, eux qui voient avec angoisse poindre la fin de cette citoyenneté européenne. Ils commencent à comprendre qu’ils vont être livrés, isolés et faibles, à l’appétit des économies prédatrices dirigées par les populistes ultralibéraux qui exercent le pouvoir à l’Est comme à l’Ouest.

Pour autant la réalité européenne d’aujourd’hui – je dis bien la réalité, pas ce qu’on en fantasme aux extrêmes – ne me satisfait pas. Livrée aux eurosceptiques et aux populistes, elle a perdu son souffle. J’ai coutume de dire que l’Europe est la plus belle idée après la République. Et j’ai bien l’impression que ni l’une ni l’autre ne tiennent plus leurs promesses. Pour autant réduire le débat à « tu l’aimes ou tu la quitte » n’est qu’un cadeau naïvement offert aux démagogues. Ni l’Europe ni la République d’aujourd’hui ne sont les seules possibles. Je suis une frustrée d’Europe et c’est bien pour cela que je veux m’engager dans le débat pour changer ce qui doit l’être. Dans l’esprit des fondateurs, l’Europe ne peut être que sociale, universaliste, ouverte et pluraliste, aux avant-postes du progrès humain, autant que protectrice des droits et des libertés. Si l’on gouvernait simplement plus de 500 millions d’européens d’un coup de menton viril, ça se saurait. Ce monde est complexe, imbriqué, interconnecté. Individualisé. Pour gouverner l’Europe il faut une vision partagée, convaincre, susciter des alliances, bâtir des programmes, bref, faire de la politique. Nuancée. Participative et aussi un peu experte. Pragmatique, qui règle les vrais problèmes.

C’est un peu comme pour la Métropole, Monsieur le Président – et oui, on est toujours le grand machin technocratique de quelqu’un… Pour autant chacune des délibérations qui vous sont présentées ce soir disent le souci d’avancer dans le réel sans se payer de mot, ni pour autant renoncer à nos idéaux. Face aux transitions, à ses crises, c’est la démocratie et le faire ensemble qui sont en jeu. L’Europe est l’une des réponses les plus efficaces à ces enjeux mondiaux et à leurs traductions locales, pas le nationalisme étroit. « Ici l’avenir se dessine à plusieurs » peut-on lire au 3ème étage de la Métropole. Parce qu’ici nous savons la puissance de l’action collective au service de notre destin commun, nous sommes la pointe avancée de cette Europe telle que la voulait Simone Veil, première présidente du parlement européen (entre 1979-1982). Je la cite :

« Se fixant de grandes ambitions, l’Europe pourra faire entendre sa voix et défendre des valeurs fortes : la paix, la défense des droits de l’homme, davantage de solidarité entre les riches et les pauvres. L’Europe, c’est le grand dessein du XXIème siècle. »

Soyons à la hauteur de cette grande voix. Le 26 mai prochain, soyez, soyons au rendez-vous de l’histoire du 21ème siècle. Au rendez-vous de notre histoire.

Département du Finistère

La Commission Permanente du Conseil Départemental du 4 mars 2019 a soutenu nombre de projets et de structures sur le territoire de Brest Métropole

Vos conseillers départementaux sur le territoire de Brest Métropole

Pour les cantons de Brest Métropole, c’est 1 884 131 € de crédits engagés par la collectivité départementale qui se déclinent de la manière suivante :

Environnement

Accompagner la gestion durable de l’eau potable et de l’assainissement
– Brest Métropole – Pays de Brest – 33 000,00 € dans le cadre du programme de subventions en eau potable : périmètre de protection des captages : indemnisations de terrains Aménagement du territoire

Garantir l’Offre de Logement adaptée pour chaque Finistérienne et chaque Finistérien

Un habitant – Brest – 23 769,43 € dans le cadre de l’aide à l’amélioration des logements du parc privé
– Une habitante – Le Relecq Kerhuon – 27 000,00 € dans le cadre de l’aide à l’amélioration des logements du parc privé

Culture

Ancrer les arts visuels en Finistère
– Canal Ti Zef – Brest – 3 000,00 € d’aide au fonctionnement
Association Film et culture – Brest – 11 000,00 € d’aide au fonctionnement
Soutenir la dynamique des arts vivants et des pratiques artistiques sur les territoires
– Association Le Festival Invisible – Brest – 5 000,00 € d’aide au fonctionnement
– Association DRAMA (Ensemble Sillages) – Brest – 3 000,00 € d’aide à la diffusion
– Association les Contemporains – Brest – 4 360,00 € d’aide à la diffusion
Développer la médiation des oeuvres par le réseau des bibliothèques
– Association ENKI – Brest – 3 600,00 € dans le cadre du programme de promotion du livre : soutien à l’organisation de la 9ème édition du festival des carnets de voyages « Ici&ailleurs »

Education-jeunesse

Soutenir l’enseignement supérieur et la recherche
– Ensta Bretagne – Brest – 25 000,00 € de soutien à l’acquisition d’équipements scientifiques pour la recherche
– Yncréa Ouest – Brest – 80 000,00 € de soutien à l’acquisition d’équipements scientifiques pour la recherche
Moderniser et rendre accessibles les collèges publics
– Collège des Quatre Moulins – Brest – 150 000,00 € pour la validation du programme de remplacement de la toiture et sécurisation de l’escalier extérieur d’évacuation du bâtiment E
– Ville de Brest – 970 000,00 € participation à la construction du centre sportif communal Foch (attribution d’une subvention et passation de la convention de partenariat) à la Cité mixte Harteloire de Brest
Doter les collèges en matériel ou participer à leur financement
– Collège Les Quatre Moulins – Brest – 3 842,00 € de subvention pour le changement du groupe de chambre froide – 1 253,00 € de subvention pour l’acquisition d’un chariot chauffant à assiettes
– Collège Victoire Daubié – Plouzané – 1 047,00 € de subvention pour le remplacement du kit de régulation sur la cellule de refroidissement – 975,00 € de subvention pour le remplacement de l’évaporateur sur la vitrine réfrigérée
– Collège Saint Pol Roux – Brest – 2 268,00 € de subvention pour l’acquisition d’équipements pédagogiques : imprimante 3D
– Collège Croas Ar Pennoc – Guilers – 2 143,00 € de subvention pour l’acquisition d’équipements pédagogiques : imprimante 3D
Soutenir l’information, les initiatives et les engagements des jeunes
– Théâtre du Grain – Brest – 3 000,00 € de soutien pour la 2ème édition du Défi Eloquence
– 4 jeunes habitants – Brest – 200,00 € d’aide chacun pour l’obtention du BAFA (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur)
– Une habitante – Le Relecq-Kerhuon – 200,00€ d’aide au BAFA
– Un habitant – Guipavas – 200,00 € d’aide au BAFA

Emploi- Attractivité

Soutenir l’agriculture
– Un habitant – Plougastel-Daoulas – 3 150,00 € d’aide à l’installation en agriculture

Environnement


Agir pour la protection et la découverte des espaces naturels et des paysages pour tous publics
– Brest Métropole – Brest, dans le cadre du contrat de territoire – 531 100,00 € de soutien à la restructuration des locaux du Conservatoire botanique national


Europe-International

Favoriser l’intégration européenne
– Ville de Brest Modalités de l’appel à projets commun dans le cadre du Printemps de l’Europe


Insertion


Promouvoir le développement social local du Pays de Brest
– « Comité d’animation et de liaisons » Centre social de Kérangoff – Pays de Brest – 200,00 € de soutien au projet « TRAM » Tous réunis actifs et mobilisés
– Association « Sentier vous bien » – Pays de Brest – 1 155,00 € de soutien au projet « Et nous alors ? »
– Association « AGIR ABCD » – Pays de Brest – 360,00 € de soutien au projet « Café budget »
– Association « Parentel » – Pays de Brest – 1 568,00 € de soutien au projet « Mineurs non accompagnés »
– Association « Les pieds nus » – Pays de Brest – 600,00 € de soutien au projet « Atelier danse parents enfants » «
– Loisirs Ty an Holl Les Amarres » – Pays de Brest – 210,00 € de soutien au projet « atelier cuisine »


Sport

Agir en faveur du sport pour tou.te.s
– Comité départemental de Sport Adapté – Gouesnou – 2 400,00 € d’aide à l’organisation du « Gentleman Pétanque » Gouesnou
– Union nationale du sport scolaire (Unss) – Brest – 3 000,00 € d’aide à l’organisation du championnat de France de voile des collèges et de sport adapté
– Amicale Cycliste de Gouesnou – Gouesnou – 500,00 € d’aide à l’organisation de la 7ème édition du cyclo-cross de Penguérec
– Brest Urban Trail – Brest – 3 000,00 € d’aide à l’organisation de la 2nde édition du Brest Urban Trail
– Gymnastique rythmique et sportive du Ponant – Brest – 500,00 € d’aide à l’organisation de la finale de la zone Ouest Guipavas
– Bmx – Guipavas – 2 700,00 € d’aide à l’organisation de la 1ère manche du challenge national de BMX
– Les Gars du Reun – Guipavas – 3 000,00 € d’aide à l’organisation de la 42ème édition du tournoi de football international « le Challenge du Printemps »

Brest Métropole

Brest se dote d’une Stratégie Métropolitaine Européenne de Territoire

Lors du conseil de Métropole du vendredi 1er février, je suis intervenue pour présenter notre nouvelle Stratégie Métropolitaine Européenne de Territoire (SMET), lancée dans le cadre de la SMDE. L’Europe a construit Brest et sa région, elle est toujours l’avenir de notre territoire dans la mondialisation. Bouclier démocratique, social, environnemental, l’Europe est notre dernière frontière dans un monde menaçant en transition.

Frédérique Bonnard Le Floc’h en conseil de Brest Métropole du 1er février 2019 présente la Stratégie Métropolitaine Européenne de Territoire

Retrouvez ci-dessous mon intervention en séance :

Monsieur le Président, Mes Cher.e.s Collègues,

L’Europe brûle et nous regardons ailleurs ! Il est temps que les bâtisseurs d’Europe reviennent sur le chantier. Il est temps que les voix des progressistes, des humanistes, des justes, fassent chœur pour une Europe qui donne corps à nos valeurs.

L’Europe est paradoxale, comme la vie elle-même qui parait si contradictoire au premier regard. Si l’on veut bien élargir son horizon, les liens commencent rapidement à faire sens, et la dynamique apparaît. Sa construction est inachevée ? Parce qu’elle dépasse notre génération ! Sa complexité est grande ? Parce que 508 millions d’Européen.ne.s sont traités en citoyen.ne.s et non en consommateur.trice.s asservi.e.s ! Son pouvoir est trop faible ? Parce qu’on a soigneusement pris soin, par électoralisme national, d’omettre de lui donner un vrai visage et un vrai projet politique.

L’Europe est devenue au fil des années un préjugé repoussoir, commode à offrir en pâture à l’opinion, un bouc émissaire lointain à l’usage des politicien.ne.s qui ne sont pas à la hauteur ni de leur mission ni de leur mandat. Comme si faire vivre la démocratie à l’échelle d’un continent et bâtir le projet de développement humain et durable qui va avec avait la moindre chance sans un sens des responsabilités politique, économique et médiatique à la même hauteur.

Trop de cyniques veulent assigner les citoyens européens à résidence identitaire autour d’une église de village ou d’un pseudo-minaret de banlieue, à résidence politique néo-libérale parce qu’il n’y aurait pas d’alternative à l’économie financière (« there is no alternative » en version Thatchérienne originale !), les assigner à résidence sociale au profit de leur caste technocratique ou mafieuse, à les piéger dans l’illusion que les droits et les libertés dont certains jouissent doivent être refusés à d’autres et à agiter la peur du déclassement, professent que la violence patriarcale doit faire loi et que les faibles – les enfants, les jeunes, femmes seules, malades, personnes en situation de handicap, en difficulté sociale, personnes âgées modestes – que les faibles disais-je que nous avons tous été et que nous serons tous un jour, ne sont que des poids, ne sont que des proies.

L’Europe est notre dernière frontière. Le symbole de l’achèvement de la conquête d’un monde occidental libre, un monde d’égalité de droits et de fraternité solidaire. Le symbole d’un monde occidental exemplaire et responsable face aux enjeux des transitions multiples qui transforment nos sociétés comme notre planète. Le symbole d’un bouclier contre les néofachistes 2.0 et les nouveaux empereurs de démocrature.

Entre le Brexit, la crise des migrants, celle de la zone Euro, la montée des populismes et le déferlement de l’euroscepticisme, nous vivons un moment de questionnement intense de l’avenir du projet européen. Avec la Stratégie Métropolitaine Européenne de Territoire, la métropole de l’Ouest Breton s’est dotée d’une stratégie-cadre pour organiser au mieux la réponse territoriale à des enjeux globaux qui se déclinent localement. Là comme dans bien des domaines, Brest Métropole est pionnière dans cette démarche d’animation territoriale et de lobby stratégique.

Au moment d’exhorter les électeurs à donner un avenir à l’Europe, souvenons-nous de ses débuts. Penser l’avenir européen de Brest, c’est d’abord se souvenir des fondements historiques de l’Union Européenne : reconstruire un monde de paix. Dans un territoire détruit par la guerre, la solidarité européenne a été l’un des ferments de la reconstruction (Glasgow a été l’une des premières villes à se mobiliser pour reconstruire Brest), puis du développement économique et social de l’Ouest breton. La libre circulation, l’Etat de droit, les droits fondamentaux politiques, économiques et sociaux au cœur du projet européen répondent parfaitement au projet métropolitain brestois intitulé « Brest, Métropole ouverte et solidaire » qui promeut, outre l’excellence économique et technologique, les valeurs d’égalité, de solidarité, d’éducation qui ont guidé les pères fondateurs européens dans la construction d’un espace de justice, de liberté, d’émancipation et d’épanouissement individuel et collectif.

Le document qui vous est soumis est un cadre. En lui-même il n’est pas suffisant, il précède un exercice partenarial à venir de déclinaison en plan d’action. Il est structuré en 4 parties :

En premier lieu par la présentation du contexte particulier de nos travaux de préparation du post 2020, avec nos interlocuteurs nationaux, régionaux, et locaux au travers des réseaux et des associations d’élus, ou en direct à Bruxelles. A la suite des propositions de la Commission européenne mi-2018 s’ouvre un cycle de négociations entre les Etats membres (via le Conseil européen), le Parlement européen, et la Commission européenne. Puis des déclinaisons nationales et territoriales. Initialement un accord était prévu d’ici aux prochaines élections européennes de mai 2019. On pense aujourd’hui, de source parlementaire, que cet accord sera repoussé en septembre après l’installation du nouveau parlement. Cela rend l’enjeu des élections européennes d’autant plus brûlant. Selon la coloration politique du nouveau parlement, les politiques de l’Union Européenne ne seront pas les mêmes. Or, c’est crucial pour notre territoire. Le nouveau parlement aura t’il le courage de voter un budget ambitieux, qui permettra de nous accorder autant de fonds de cohésion qu’auparavant, malgré le retrait britannique et malgré l’euroscepticisme de certains Etats-membres ? La pointe bretonne, dans le contexte national de restrictions budgétaires aux collectivités, en a terriblement besoin.

Au-delà du volume des enveloppes disponibles, le maintien de la subsidiarité reste également un enjeu. C’est l’Etat français qui négocie seul avec la Commission, et l’on entend des velléités de re-centralisation des fonds, au bénéfice des seules politiques de l’Etat. Si cet écueil parvenait à être dépassé, nous ferions face à une autre menace de recentralisation – régionale celle-ci. J’anticipe un peu sur les pistes d’action présentées en troisième partie du document en annonçant que nous nous positionnons d’ores et déjà en proposant un montage innovant en termes de co-construction du Programme Opérationnel Régional et d’une nouvelle gouvernance multi-niveaux qui en découlerait autour d’un contrat métropolitain chapeau.

Revenons au document. Vient ensuite l’analyse des enjeux pour les acteurs de la Métropole, que nous avons classés en quatre axes :

  • 1. la dynamique de la pointe bretonne, son accessibilité et les coopérations
  • 2. l’économie de la connaissance et de l’innovation, les filières d’excellence
  • 3. l’emploi, la formation, l’inclusion économique et sociale des personnes éloignées de l’emploi
  • 4. la mise en œuvre de la transition écologique et énergétique et le développement urbain durable

Dans la partie concernant les pistes d’actions, vous retrouverez une liste très intéressante des nombreux projets européens en cours et des initiatives de la collectivité comme des différents acteurs locaux. Il m’est impossible de détailler les nombreuses actions qui vont découler de cette stratégie, mais l’esprit est la mise en mouvement de tous les acteurs territoriaux (collectivités, associations, entreprises, écoles, citoyens…) pour capter toutes les ressources possibles et développer toutes les opportunités issues du cadre européen.

Enfin, une dernière partie détaille la gouvernance de la stratégie. Notamment pour animer le partenariat, il est envisagé la constitution d’une Conférence territoriale sur les questions européennes, en connexion avec la gouvernance existante de SMDE.

Je termine ma présentation en citant Mario Vargas Llosa, récemment interviewé dans Libération :

« Le «rêve européen» ne sera jamais réservé aux Européens. Au contraire, le meilleur de la tradition occidentale est l’universalisme, c’est d’avoir défendu des droits et des libertés bénéfiques à tous les êtres humains sans exception. C’est pourquoi une Europe unie profitera autant aux Européens qu’au reste de l’humanité. Les populismes, à commencer par le pire de tous, le nationalisme, sont une réponse tribale à la mondialisation qui produit de l’incertitude et de la peur, avant tout parmi les «tribus» ethniques, religieuses et politiques les plus primitives. Elles mettent en cause la culture de la liberté. Il est indispensable de les affronter et de les vaincre avec les armes pacifiques de la raison et du vote »

Je vous remercie de votre attention.

Département du Finistère

Hosny Trabelsi et moi-même : un binôme actif et engagé au service du Finistère

HosnyTrabelsi et Frédérique Bonnard Le Floc’h, élus du canton de Brest 5, en séance du Conseil Départemental du Finistère

Nous présentions tous deux des rapports en lien avec nos délégation ce vendredi 2 février 2018 en séance plénière du Conseil Départemental du Finistère. Hosny Trabelsi et moi-même sommes des élus départementaux engagés, actifs dans le groupe majoritaire Finistère et Solidaire aux côtés de la Présidente Nathalie Sarrabezolles, au service d’un projet départemental ambitieux et innovant, et au service des habitantes et des habitants du canton de Brest 5 Kerichen/Saint Marc. N’hésitez pas à nous solliciter.

Brest Métropole

Mon bilan à mi-mandat 2ème partie : une métropole coopérante en action. II-3 : le lobbying et les actions stratégiques

Le bureau exécutif de la CVAA et la députée européenne Isabelle Thomas durant les fêtes maritimes de Brest 2016

Pour faire suite à l’article « mon bilan à mi-mandat 1ère partie », aux deux suivants décrivant « les politiques contractuelles et les coopérations territoriales » et les « fonds et projets européens », voici quelques exemples concrets d’actions menées dans le cadre de ma délégation depuis 2014, relevant du 3ème levier stratégique.

3) LE LOBBYING ET LES ACTIONS STRATEGIQUES
Brest Métropole participe à influencer et à enrichir de ses contributions partenariales les politiques européennes, nationales, régionales, départementales, les projets locaux et les réseaux thématiques, au service d’un développement économique s’appuyant sur sa maritimité

  • SAFER SEAS 2015 et accueil d’un Forum Atlantique (Conférence des parties prenantes pour l’Atlantique)
    Participation à l’organisation d’un évènement phare du début de mandat organisé par Brest métropole, en coordination avec le Technopôle Brest-Iroise, et avec l’appui du Pôle Mer Bretagne Atlantique, de l’Union Européenne et de la Région Bretagne. Manifestation d’envergure internationale dédiée à la sécurité et sûreté maritime, Safer Seas propose une offre multisectorielle unique aux décideurs, institutionnels, opérateurs et professionnels de la mer, entreprises et établissement de recherche, et étudiants. L’édition 2015 était placée sous le signe de la croissance bleue, des enjeux liés au changement climatique et des défis pour la navigation et les activités en mer. Safer seas est organisé sous le haut patronage et avec la participation de l’Organisation Maritime Internationale, l’Union Européenne et la République française.
  • Contribution de Brest métropole à la Stratégie Régionale Mer & Littoral (juin 2016) qui capitalise l’appréciation des principales compétences marines et maritimes de la région brestoise ces cinq dernières années.
  • Séminaire d’information à Bruxelles 2016
    Une mission d’élus de Brest métropole a été organisée à Bruxelles, sous la forme d’un séminaire d’information et d’échanges avec des représentants des institutions européennes, du Parlement européen, de la Commission européenne, de la Représentation permanente de la France auprès de l’UE, de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) et de la Délégation permanente de la Région Bretagne à Bruxelles. Parmi les sujets évoqués durant ces deux jours de séminaire, au regard des dossiers et projets brestois :

    • La révision à mi-parcours de la politique de cohésion et les contours de la future période de programmation post 2020.
    • La prise en compte du fait urbain/métropolitain dans les politiques européennes tant en termes de financements dédiés au développement urbain que de gouvernance multi-niveaux dans l’élaboration et la mise en oeuvre des programmes : cf. l’agenda urbain et le pacte d’Amsterdam.
    • Politique maritime, Stratégie Maritime Atlantique, Campus Mondial de la Mer, Evènementiels maritimes
    • Accessibilité, RTE-T et politiques des transports, port de Brest…
    • Les enjeux de simplification de gestion des fonds structurels.
    • Les nouveaux défis qui accompagnent la dynamique européenne (transition énergétique, économie numérique, mobilité durable…).
  • France urbaine, lobbying européen
    En complément des réunions du groupe de travail technique « Partenariats et Territoires » traitant notamment des programmes contractuels (CPER et PO européens, lien avec CGET, …) quelques missions d’élus ont été organisées par France urbaine à Bruxelles
  • Sélection de Brest métropole pour l’organisation des Journées européennes de la Mer en mai 2023
    Illustration de la démarche intégrée et de capitalisation concernant la démarche d’inscription de Brest dans le dialogue territorial européen, depuis la reconnaissance de Brest comme point focal de la stratégie maritime atlantique, en passant par Safer Seas 2015 et l’accueil de l’UE à domicile (Commissaire Karmenu Vella…), le séminaire des élus à Bruxelles et parallèlement la démarche de candidature aux EMD proprement dite.
  • Conférence des Villes de l’Arc Atlantique (CVAA)
    Avec mon collègue vice-Président en charge de l’international Dominique Cap, participation au bureau exécutif CVAA durant les fêtes maritimes / Reconduite de la Présidence de la Commission « Croissance bleue » par Brest métropole au sein de la CVAA
  • Contribution sur le Brexit – animation du groupe de travail des partenaires au sein de la SMDE (stratégie métropolitaine de développement économique)
  • Valorisation des projets brestois en matière de smart cities / plaquette France Urbaine
  • Contribution dans le cadre des travaux des CESER de la façade atlantique sur l’innovation maritime
  • Leadership de la délégation Brest / Pays de Brest / Pays de Morlaix pour la réponse à l’appel à manifestation d’intérêt TIGA dans le cadre du PIA 3 sur la thématique des biotechnologies (Blue Valley Roscoff sous marque Campus Mondial de la Mer)

Dans le prochain article, j’aborde mes initiatives en matière de formation-recherche pour faire de Brest Métropole un modèle d’organisation territoriale reconnu et un champion du design des politiques publiques mêlant innovation et participation citoyenne.

Brest Métropole

Mon bilan à mi-mandat 1ère partie : au cœur des enjeux de la métropolisation, savoir mobiliser les ressources et organiser la coopération au service d’un projet de territoire inclusif

Brest Métropole ouverte et solidaire

Cet article est le premier d’une série où je prends le temps d’expliquer ce qui constitue ma vision de ma délégation aux politiques contractuelles et aux politiques européennes à Brest Métropole. Je le poste alors que les réunions publiques de bilan à mi-mandat commencent sur tout le territoire de la Métropole, à un moment où rendre compte sert de tremplin à nos propositions pour l’avenir, et à nourrir le débat public sur ce que sera notre territoire demain.

Dès le début du mandat 2014-2020, la création d’une délégation aux politiques européennes et contractuelles, qui n’existait pas auparavant, est un signal fort porteur de sens pour le modèle de développement de notre territoire. En accédant au statut de métropole, Brest, ville internationale, affirme l’ambition renouvelée d’inscrire tout projet, toute action, en cours ou à venir, dans une perspective européenne, au service du territoire et de ceux qui le font vivre. L’accent mis sur les politiques contractuelles indique une volonté de gouvernance territoriale fondée sur le dialogue et le contrat, en même temps qu’il acte le mode relationnel désormais prépondérant entre collectivités, partenaires, porteurs de projet et financeurs.

Ma délégation s’inscrit exactement dans la mise en œuvre du projet métropolitain 2025 « Brest, métropole ouverte et solidaire », qui conjugue l’exigence d’ouverture internationale et de gouvernance multi-niveaux à celle d’une agglomération résolument solidaire de son territoire ouest-breton, dont elle est naturellement, par ses ressources et par ses réseaux, par sa force de projection et sa capacité à rassembler tous les acteurs derrière une stratégie territoriale, le catalyseur du développement, sans volonté hégémonique ou concentration asséchante.

Son très haut degré d’intégration administrative, la qualité et l’intensité de sa planification à des échelles pertinentes, ses documents stratégiques élaborés avec d’autres collectivités du grand Ouest font de Brest Métropole un foyer d’innovation territoriale reconnu à l’échelle nationale et européenne, et j’ai plusieurs fois par an le plaisir d’accompagner nos services ou notre agence d’urbanisme dans des colloques et congrès où la parole brestoise est appréciée et inspirante.

En effet, au regard des difficultés croissantes des collectivités à répondre, par ses services publics ou par ses soutiens financiers, aux besoins de territoires fragilisés par les changements issus de l’économie mondialisée et la raréfaction budgétaire, Brest Métropole choisi de mobiliser ses forces vives économiques et citoyennes tous azimuts pour produire un développement durable et surtout partagé, sans en méconnaître les défis. 4 leviers principaux ont jusqu’alors été actionnés : les contrats territoriaux entre collectivités, les fonds et les projets européens, le lobbying stratégique et enfin la formation-recherche en gouvernance territoriale.

A mi-mandat, force est de souligner qu’il nous faut continuer à soutenir les efforts entrepris pour garder notre avance cohésive, qui est tout simplement vitale pour la plus petite métropole de la plus petite région française et, au-delà, pour l’ouest breton, compte tenu du déséquilibre régional au bénéfice de la partie Est de la Région Bretagne.

La faiblesse de la parole de l’Etat, dont l’horizon budgétaire se résume à quelques mois, la fin des politiques d’aménagement du territoire – pourtant indispensables pour compenser notre localisation périphérique – l’absence de marge de manœuvre fiscale et budgétaire des collectivités locales, à mettre au regard de l’injonction normative croissante qui émane des degrés administratifs supérieurs, le peu de richesse du bassin d’emploi et les besoins de solidarité croissants… tous ces facteurs rendent Brest Métropole fragile.

La vision politique claire, ambitieuse et solidaire, portée par François Cuillandre et son équipe permettent de transformer un point de faiblesse – l’interdépendance – en force. Encore faut-il que le déficit d’image de la collectivité, la transformation de l’Etat, l’affirmation régionale, l’affaiblissement départemental, le Brexit et la crise européenne, ne viennent pas mettre à bas brutalement tous nos efforts anciens. Rassembler, coopérer, fabriquer du projet et de l’adhésion, construire sur le long terme, être en pointe dans les réseaux, exister à toutes les échelles du mondial au local, tout ceci demande de la matière grise et des postes de haut niveau, de la méthode et de l’accompagnement, du temps, de l’énergie, des crédits de déplacement et de communication, dont nous ne savons pas encore dimensionner les besoins à juste proportion. Faire beaucoup avec peu demandera à raffiner notre organisation, encore calquée sur d’anciens modèles.

Malgré sa modestie, Brest Métropole a toujours été une cité-monde. Elle doit à présent en manifester les attributs : engranger de nouvelles ressources, s’inscrire dans les réseaux de transports structurants, construire une diplomatie territoriale qui ne dépend de personne mais associe tout le monde, contractualiser en bilatéral avec les places et les acteurs les plus importants sur ses marchés stratégiques, accueillir les citoyens du monde entier et s’y projeter de même avec facilité.

La marche est haute, mais dans notre cas, le « grandir ou périr » est une réalité tangible à l’horizon de cette fin de mandat, tout en conservant la méthode de coopérations qui fait du « modèle brestois » un modèle de société ouverte et d’efficacité de la dépense publique.

4 leviers sont actionnés pour adresser les enjeux précités :

1er levier : Les politiques contractuelles et les coopérations territoriales
Brest Métropole développe une politique contractuelle ambitieuse au service du co-développement de ses territoires d’influence et de ses partenaires.

2ème levier : les fonds et projets européens
Savoir monter des projets structurants pour le territoire co-finançables par les fonds européens est un savoir-faire historique de Brest Métropole qui doit être conforté.

3ème levier : le lobbying et les actions stratégiques
Brest Métropole participe à influencer et à enrichir de ses contributions partenariales les politiques européennes, nationales, régionales, départementales, les projets locaux et les réseaux thématiques, au service d’un développement économique s’appuyant sur sa maritimité.

4ème levier : la formation-recherche
Pour produire l’innovation indispensable à sa montée en puissance et faire reconnaître son modèle de métropolisation inclusive, Brest Métropole développe une ambition d’organisation apprenante, en partenariat avec les acteurs académiques régionaux.

Dans le prochain article, je donne un aperçu des actions réalisées ou en cours dans chacun de ces domaines.

Brest Métropole

Le portrait social du quartier de Saint Marc par l’ADEUPA vient de paraître

Portrait social de Brest Métropole par l’ADEUPA http://www.adeupa-brest.fr

L’ADEUPA, l’agence d’urbanisme de Brest Métropole et de son pôle métropolitain, vient de faire paraître une étude détaillant le « portrait social » du territoire dans le cadre de son observatoire social. Réalisé à partir des données de l’Insee pour les 7 grands quartiers de Brest, les 8 communes, la métropole et le Pays de Brest, il donne à voir les évolutions en termes de population, d’habitat, d’activité et d’emploi, de revenus, d’éducation, de déplacements…

Conseillère départementale du canton de Brest 5 Europe-Saint Marc, je me suis penchée sur le quartier de mes administré.e.s, Saint-Marc, qui est aussi mon territoire de vie au quotidien. J’en ai retenu quelques chiffres qui sont autant de guides pour l’action :

Avec seulement 36 % de la population qui a moins de 30 ans, c’est le quartier le moins jeune de Brest.

La confirmation de la tendance forte au vieillissement du quartier est accompagnée d’une baisse démographique. C’est le signe d’un départ des familles vers d’autres quartiers et d’un faible turn-over. Il faudra intensifier la réflexion collective « bien vieillir » lancée depuis un peu plus d’un an par la municipalité et tous les acteurs du quartier, notamment afin de mieux prendre en compte le risque de solitude ou d’isolement social. Dans l’IRIS de Kerangall-Kérampéré une personne sur trois est âgée de plus de 60 ans ! En appartement (50 % des ménages vieillissants) ou dans la zone pavillonnaire, l’adaptation de l’habitat au grand âge de ses occupants est une priorité.

• Un ménage sur deux est composé… d’une seule personne

Cette moyenne est aussi celle de la ville centre. Cela signifie que, même si le quartier perd des habitants, il faudra construire plus de logements. Ceci n’est paradoxal qu’en apparence. Se retrouver seul.e, avec parfois un léger handicap lié à l’âge, avec moins de ressources, nécessite de pouvoir intégrer un logement adapté à ses nouveaux besoins. Or, faute d’offre suffisante, ces personnes seules occupent les grands appartements ou les pavillons qui seraient nécessaires au logement des nouvelles familles, bloquant la fluidité du parcours résidentiel dans le quartier. Il faut donc offrir plus de produits-logements diversifiés dans le quartier de Saint Marc, pour s’adapter à la réalité des parcours de vie des personnes. Or, l’augmentation moyenne du nombre de logements par an est deux fois plus faible qu’ailleurs dans la ville de Brest, ce qui fait de la densification du quartier un autre priorité.

•8,7 % des logements du quartier sont vacants

Ce qui est supérieur à la moyenne brestoise, avec une concentration autour de Keruscun-Sebastopol-Poul ar Bachet-Petit Paris. Cette vacance se concentre sur des typologies d’habitat d’avant-guerre, dont les immeubles de rapport souffrent de la faiblesse des copropriétés qui ne peuvent investir dans les rénovations nécessaires. Bas loyers qui logent de bas revenus, petits logements, quasi-insalubrité : la nécessité d’une rénovation urbaine importante de ces quartiers proches du centre-ville se fait jour, comme ce qui a été entrepris à Saint Martin et à Recouvrance.

• 73 % d’actifs dans le quartier, dont 20 % de cadres, record brestois.

46 % des actif.ive.s sont ouvrier.ère.s et employé.e.s. Pour autant, le chômage a augmenté de 2,2 % sur la période depuis 2013, mais les chômeurs restent inférieurs en nombre par rapport aux autres quartiers. La part des jeunes (jusqu’à 24 ans) parmi les chômeurs augmente plus vite que les autres tranches d’âge. A mettre en balance avec le fort taux d’études supérieures : plus d’un jeune sur deux dans le quartier poursuit des études après le bac, et le taux général de jeunes diplômés est bien supérieur à celui de la ville. Développer et diversifier le nombre d’emplois, et donc l’activité en général sur le quartier pour équilibrer par rapport au résidentiel, semble une piste intéressante pour répondre aux besoins.

• Le revenu médian est supérieur à celui de la Métropole.

Des disparités importantes entre le nord et le sud du quartier sont à souligner : si Forestou-Le Bot-Pont Neuf – Kérangall – Kérampéré font figure de quartiers riches, il n’en est pas de même pour le reste des ménages saint-marcois. Aucun de ces derniers ne figurent dans la tranche des plus bas revenus, ce qui fait que le taux de pauvreté est globalement très inférieur à celui de la ville sur l’ensemble du quartier. Ce qui doit focaliser l’attention c’est le creusement des inégalités et la nécessaire cohésion sociale du quartier, pour laquelle de grands efforts devront être faits pour contrer la tendance naturelle à la ségrégation sociale.

• Seulement 70 % des actif.ive.s habitant Saint-Marc travaillent à Brest

Ce qui explique peut-être que seul.e.s 13 % des actif.ive.s utilisent les transports en commun pour aller travailler. La proximité des grands axes routiers peut expliquer le choix de résidence à Saint Marc des cadres qui composent une bonne partie de la population active. Ces automobilistes doivent être sensibilisés à l’échelle de mobilité adaptée au quartier où ils résident, par des encouragements aux trajets à pieds, à vélo, en transport en commun, ces derniers devenant plus pratiques et plus désirables que le réflexe automobile.

En conclusion, une étude courte et synthétique très inspirante, qui marque l’évolution métropolitaine (vieillissement, richesse, polarisation interne et inégalités croissantes) de ce quartier de ville. C’est un regard global et donc un travail d’équipe qui est nécessaire pour élaborer un projet urbain et social qui réponde aux enjeux identifiés. La métropole (urbanisme, habitat, services de proximité), le département (social, vieillissement, handicap), la région (activités économiques, formation) doivent raffiner leurs approches territoriales pour cibler leurs dispositifs au plus près. J’y concoure avec détermination.

Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) de Bretagne

Bientôt un nouveau rapport des CESER de l’Atlantique sur l’innovation et l’économie maritime

Attention, long article !

En attendant d’en retrouver l’intégralité sur le site du CESER de Bretagne voici la synthèse du rapport « innovation et économie maritime : un océan d’opportunités pour les régions de la façade atlantique française » auquel j’ai activement participé pour le CESER de Bretagne. Des représentants de Normandie, Bretagne, Pays de Loire, Nouvelle Aquitaine, se sont réunis régulièrement à Nantes ces derniers mois pour bâtir un rapport préconisant l’intensification des efforts en faveur de l’innovation dans l’économie maritime. La mer est en effet un gisement colossal et relativement méconnu de valeur ajoutée pour les économies littorales, pourvu que les stratégies convergent et que des synergies puissent se dégager pour faire face aux enjeux d’investissement et d’animation des écosystèmes à géométrie territoriale variable selon le sujet : pêche, énergies marines renouvelables, biotechnologies, planification littorale…

A travers une audition et plusieurs contributions écrites, je me suis efforcée de mettre en exergue la place privilégiée et particulière de Brest Métropole dans cette problématique inter-régionale. Bien que très bon communicants, les Pays de Loire ne sont pas les seuls à pouvoir se revendiquer du leadership de l’innovation maritime… En toute hypothèse, les besoins de soutien sont tels que les collectivités sont fortement incitées à s’entendre pour maximiser l’effet de levier de leurs dispositifs.

Saisissons donc collectivement cet océan d’opportunités.

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Innovation et économie maritime : un océan d’opportunités pour les régions de la façade atlantique française

Synthèse

Une hélice qui réduit la consommation énergétique d’un bateau de pêche. Une hydrolienne. Une application mobile qui permet aux utilisateurs de partager des sorties en mer. Un drone capable de cartographier des fonds marins ou d’analyser la qualité de l’eau. Une démarche visant à optimiser la gestion des flux de chargement et de déchargement dans un port. Une filière de valorisation des co-produits de la pêche. Un chantier de reconstruction d’un bateau du patrimoine ouvert au public. Un traitement contre le cancer à base de principes actifs d’origine marine. Une conférence régionale réunissant l’ensemble des parties prenantes pour élaborer et suivre les politiques publiques liées à la mer et au littoral.

Toutes ces initiatives constituent des innovations, en ce sens qu’elles intègrent le meilleur des connaissances, sont l’application d’une découverte dans un produit, un service ou un procédé, permettent de satisfaire un besoin ou une attente sociétale, et/ou rencontrent un marché actuel ou à venir. L’innovation peut ainsi prendre différentes formes : innovation de produit, de service ou d’usage, innovation de procédé ou d’organisation, innovation marketing et commerciale, innovation de modèle d’affaires, innovation technologique, innovation sociale. Un projet innovant combine le plus souvent plusieurs de ces dimensions : un nouveau produit nécessite que soient pensés ses usages et sa réglementation, une innovation organisationnelle peut conduire au développement de nouveaux outils, etc.

Ces initiatives relèvent ensuite de l’économie maritime, dont le poids varie en fonction des contours qu’on lui donne et des outils et méthodologies mobilisés pour la mesurer. Les CESER de l’Atlantique ont choisi de reprendre à leur compte l’approche du CESER de Bretagne basée sur les ressources et les services fournis à la société par les écosystèmes marins et côtiers et la notion de chaîne de valeur, incluant les activités indirectes.

Innovation et économie maritime ont en commun de mobiliser une approche transversale et transfilière, que les CESER de l’Atlantique ont souhaité placer au cœur de la présente contribution.

L’économie maritime est une réalité, en particulier sur la façade atlantique, et son potentiel de développement est très important. Les projections réalisées par l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) indiquent qu’« entre 2010 et 2030 sur une base de scénario « business as usual », l’économie de l’océan pourrait plus que doubler sa contribution à la valeur ajoutée globale […] et représenter environ 40 millions d’emplois (équivalents temps plein) »[1].

Dans cette perspective, le développement d’une économie maritime innovante et diversifiée constitue un enjeu majeur pour la France, au deuxième rang mondial pour ses espaces marins. Les régions de la façade atlantique disposent de réels atouts et d’une capacité à agir en la matière. C’est pourquoi les CESER de l’Atlantique ont choisi de se saisir ensemble de cet enjeu de développement.

Ces travaux ont permis de remonter aux sources de l’innovation dans l’économie maritime (partie I), d’en saisir les enjeux (partie II) et d’analyser les modalités d’accompagnement au regard des besoins des porteurs de projets innovants (partie III). Forts de cet état des lieux partagé, les CESER de l’Atlantique formulent des préconisations qui s’adressent d’abord aux exécutifs locaux, régionaux et nationaux, mais plus largement à l’ensemble des acteurs publics et privés impliqués dans l’accompagnement de l’innovation dans l’économie maritime (partie IV).

I. Aux sources de l’innovation dans l’économie maritime

Les CESER de l’Atlantique ont tout d’abord cherché à comprendre les ressorts de l’innovation dans l’économie maritime : quels acteurs la génèrent ? Pourquoi et comment naît-elle ?

Une grande diversité d’acteurs impliqués

La richesse et la diversité des forces de recherche publiques sur la mer et le littoral (grands instituts nationaux, établissements d’enseignement supérieur), réparties sur l’ensemble de la façade, sont un atout pour les régions atlantiques. La plupart de ces acteurs sont engagés dans des unités mixtes de recherche et dans des collaborations européennes et internationales, ce qui témoigne de leur dynamisme et de leur volonté d’ouverture.

De grands groupes industriels et des Entreprises de Taille Intermédiaire présents sur la façade ont fait le choix d’y localiser leurs activités de Recherche et Développement. Au-delà de la stratégie d’innovation qui leur est propre, ils ont un effet d’entraînement auprès d’autres acteurs, de par leur implication dans les « écosystèmes » locaux de l’innovation maritime et leur sous-traitance. Les Petites et Moyennes Entreprises et Très Petites Entreprises sont aussi particulièrement actives dans ce domaine.

Mais l’innovation n’est pas le seul fait des chercheurs ou des entreprises : les acteurs institutionnels, comme par exemple les Grands Ports Maritimes, et la société civile, notamment le monde associatif, sont également porteurs d’innovations.

Des motivations multiples

L’innovation est d’abord un moyen d’adaptation dans un contexte de mutations, face à de nouvelles contraintes (économiques, réglementaires, sanitaires, environnementales, sociétales, etc.). Les filières de la pêche et l’aquaculture sont par exemple confrontées depuis plusieurs décennies à de profondes évolutions, auxquelles elles ont su s’adapter, en s’appuyant notamment sur l’innovation.

Elle peut également naître en réponse à un besoin ou à une demande non satisfaits.

Elle est ensuite source de création d’entreprises et de développement de l’emploi dans l’économie maritime. Pour les entreprises existantes, elle constitue un levier de compétitivité. C’est une nécessité pour faire face à la concurrence sur un marché, mais également pour en conquérir de nouveaux. Elle offre alors des perspectives de diversification.

Enfin, l’innovation constitue un vecteur de visibilité et d’attractivité sur le marché mondial de la formation. L’enjeu est double : exporter des formations et attirer des étudiants étrangers dans les établissements français.

Les mécanismes de genèse de l’innovation

Si chacun des secteurs d’activités de l’économie maritime est source d’innovation (les activités dites « traditionnelles » tout autant que les filières dites « émergentes »), elle apparaît aussi et surtout aux interfaces entre ces domaines, et avec d’autres secteurs de l’économie. On parle alors de fertilisation croisée.

L’innovation naît rarement de manière isolée. Elle est le plus souvent le fruit de collaborations entre les acteurs cités précédemment : entreprises, chercheurs, institutionnels, société civile. Ces collaborations sont rendues possibles par la mise en réseau des acteurs. Elles s’ancrent également sur un périmètre géographique plus ou moins large : l’innovation collaborative naît d’« écosystèmes territoriaux », à différentes échelles, formalisés ou non.

Finalement, l’innovation est avant tout une démarche d’anticipation, de créativité et d’ouverture.

Ces mécanismes ne sont pas spécifiques à l’économie maritime mais se vérifient tout particulièrement dans ce domaine.

II Les enjeux de l’innovation dans l’économie maritime

Au-delà des acteurs qui la portent, l’innovation dans l’économie maritime est un enjeu pour l’ensemble de la société et en particulier pour les territoires littoraux.

Des réponses aux principaux défis sociétaux

Ces défis sont à la fois économiques, sociaux et environnementaux.

L’innovation dans l’économie maritime est d’abord créatrice de valeur ajoutée et d’emplois durables, de diversification et un relais de croissance pour l’économie. Elle est également source de développement à l’international. C’est enfin une porte d’entrée vers d’autres secteurs d’activité : elle génère des compétences pour partie transférables.

L’innovation maritime constitue ensuite un levier de transition énergétique. Au-delà de la capacité des activités maritimes à réduire leurs consommations énergétiques et à intégrer des énergies alternatives, le milieu marin est en lui-même une source importante d’énergies renouvelables : vent, courant, marée, houle, etc. Les bioressources marines sont de plus valorisables dans la conception de nouveaux matériaux et peuvent constituer une alternative à la pétrochimie.

La connaissance, la prévention des risques naturels littoraux et l’adaptation au changement climatique peuvent également être améliorées grâce à l’innovation maritime : modèles numériques permettant de simuler les effets sur un territoire de la hausse du niveau de la mer, dispositifs de protection souple du trait de côte, solutions d’aménagement réversible des plages, etc.

L’innovation maritime apporte aussi des éléments de réponse aux enjeux alimentaires, tant en termes de production, que de commercialisation et de transformation des produits de la mer : développement de nouvelles filières aquacoles (telles que l’algoculture), vente à distance par Internet dans les criées, valorisation des co-produits, etc.

La biodiversité marine représente un immense réservoir, peu exploré, de gènes, de molécules et de fonctions biologiques d’intérêt dans le domaine de la santé. De nombreux traitements médicamenteux sont en cours de développement à partir de principes actifs d’origine marine. La cosmétique est un autre débouché privilégié pour les bio-ressources marines.

Innover dans le domaine maritime est également un enjeu géostratégique, notamment en matière d’exploration et d’usage des ressources du sol et du sous-sol des fonds marins. La présence de la France dans tous les océans est aussi un enjeu de défense nationale. Ce secteur est particulièrement porteur d’innovation, tout comme la sécurité et la sureté maritime.

L’innovation offre des perspectives d’amélioration de la connaissance et de la protection des ressources et milieux marins, notamment du point de vue de l’acquisition de données. Autre exemple, les développements liés à l’éco-conception et à l’éco-navigation participent à la protection des écosystèmes côtiers.

Enfin, l’innovation est un moyen de développer la pratique et la culture de la mer. Elle permet notamment de rendre les sports et loisirs nautiques, et de manière générale les activités qui reposent sur un usage récréatif de la mer, accessibles au plus grand nombre. Elle contribue aussi à préserver et valoriser le patrimoine culturel maritime.

L’innovation dans l’économie maritime ne constitue bien évidemment pas l’unique solution aux multiples défis auxquelles la société est confrontée. Mais elle apporte de nombreux éléments de réponse pour accompagner les transitions (économique, énergétique) et prévenir les risques (sanitaires, naturels, géostratégiques), dans le respect du fonctionnement des écosystèmes marins et côtiers.

Des bénéfices pour les territoires littoraux

Par leur accès privilégié aux ressources marines, les territoires littoraux constituent le point de départ de toute une chaîne de valeur liée à la mer, dont ils bénéficient en retour.

L’innovation est un facteur d’attractivité pour ces territoires : elle contribue à attirer et/ou à retenir des populations, des entreprises et des projets.

L’innovation dans l’économie maritime a d’autres effets plus indirects mais fédérateurs sur les territoires littoraux. Etant essentiellement le fruit de croisements, elle est tout d’abord créatrice de liens, d’habitudes de coopération au sein d’un territoire, qui peuvent bénéficier à d’autres domaines. Une économie maritime innovante peut également constituer l’une des fondations de nouvelles identités régionales, contribuer à « faire région ».

Faire évoluer le regard sur la mer

Au-delà des bénéfices que l’innovation dans l’économie maritime apporte à la société et aux territoires littoraux, elle contribue également à faire évoluer le regard sur la mer, et à diffuser une « culture de la mer ».

Elle constitue tout d’abord un moyen de (re)valoriser les filières traditionnelles comme la pêche et l’aquaculture, confrontées à des difficultés de renouvellement des générations.

Ensuite, l’innovation peut permettre de faire (re)connaître la mer comme support d’activités économiques et de montrer l’importance et la diversité de l’économie maritime.

Toujours dans ce souci de mieux faire connaître la mer, l’innovation est aussi un moyen de sensibiliser à la richesse et à la fragilité du milieu marin.

III. L’accompagnement de l’innovation dans l’économie maritime

Les CESER de l’Atlantique ont souhaité caractériser les besoins des porteurs de projets, avant d’analyser les réponses apportées par les politiques, acteurs et outils d’accompagnement de l’innovation maritime.

Les besoins des porteurs de projets innovants : des spécificités maritimes

Tous les porteurs de projets innovants partagent un ensemble de besoins, auxquels l’économie maritime ne fait pas exception. Mais certains d’entre eux sont particulièrement prégnants dans l’économie maritime.

Sur le plan financier, certains domaines d’innovation nécessitent des volumes importants de capitaux (énergies marines renouvelables notamment). De plus, le déficit de connaissance de l’économie maritime conduit les acteurs qui lui sont extérieurs à percevoir l’investissement comme risqué. Les porteurs de projets innovants peuvent donc rencontrer plus de difficultés à réunir les financements nécessaires.

Sur le plan temporel, certains secteurs s’inscrivent dans des temporalités particulièrement longues, que ce soit en termes de développement et/ou d’autorisation administrative (biotechnologies, énergies marines renouvelables).

Le cadre réglementaire dans lequel s’exerce l’innovation maritime est particulièrement complexe, en raison notamment de la diversité des statuts juridiques des espaces et installations exploitées. Ces enjeux s’expriment particulièrement à l’interface terre-mer et dans le contexte portuaire.

L’expérimentation est un enjeu crucial pour les innovations destinées à opérer en mer, car les conditions du milieu sont exigeantes et ne peuvent pas toutes être anticipées ou simulées en laboratoire ou bassin d’essai. Pour tester leur viabilité en conditions réelles, les porteurs de projets innovants doivent avoir accès à des sites et infrastructures d’expérimentation adaptés.

Enfin, les usages de l’espace maritime, en surface et dans la colonne d’eau, sont multiples. L’arrivée de nouvelles activités économiques en mer est susceptible de générer des conflits d’usage avec les activités pré-existantes. L’enjeu de l’acceptabilité sociale est particulièrement fort s’agissant de la mer car elle n’est pas ou peu considérée comme support d’activités économiques.

Politiques, acteurs et outils d’accompagnement de l’innovation maritime

De très nombreux dispositifs sont mobilisés ou mobilisables pour accompagner l’innovation dans l’économie maritime sur la façade atlantique, aux différentes étapes des projets. Ils sont mis en œuvre par une grande diversité de structures publiques et privées.

Il existe à l’échelle européenne une dynamique en faveur de l’innovation dans l’économie maritime. Elle s’appuie sur des orientations stratégiques, des dispositions réglementaires et des leviers financiers. La mobilisation de ces financements peut encore être améliorée et suppose une sensibilisation et un accompagnement spécifique des petites et moyennes entreprises. Le Brexit pourrait avoir des conséquences non négligeables sur ce paysage européen, notamment pour les régions de la façade atlantique.

A l’échelle nationale, une politique maritime est en cours de définition. Le soutien à l’innovation dans l’économie maritime est l’un des axes de cette politique. Des réglementations sont également susceptibles de favoriser l’innovation dans l’économie maritime. La politique de soutien à l’innovation s’appuie en outre sur une grande diversité de structures et de dispositifs[2], dont la plupart se sont concrétisés sur la façade atlantique, et dont certain(e)s ont été dédié(e)s au domaine maritime.

A l’échelle régionale et interrégionale, des clusters et des centres techniques sont à la fois accompagnateurs et acteurs de l’innovation. Des banques et des fonds d’investissement s’intéressent aussi au potentiel d’innovation de l’économie maritime. Les Régions et les agences régionales de développement économique jouent un rôle majeur pour impulser et soutenir l’innovation via la définition d’orientations stratégiques et une grande diversité de leviers d’action. Des coopérations interrégionales ont également été développées à différentes échelles.

A l’échelle infrarégionale, un grand nombre d’acteurs de proximité[3] accompagnent les porteurs de projets innovants. La capacité d’intervention économique directe des Départements est restreinte depuis la loi NOTRe. Les communes et les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale sont engagés dans le soutien à l’innovation.

La richesse de cet « écosystème » est une chance. Elle suppose néanmoins de relever deux défis : celui de la coopération entre acteurs d’une part, et celui du porter à connaissance, de la lisibilité et de l’accessibilité pour les porteurs de projets d’autre part.

Le défi de la coopération est d’autant plus crucial que l’économie maritime est par nature « transfilières » et que l’innovation naît essentiellement à l’interface entre les secteurs. Cet enjeu semble relativement bien pris en compte par les acteurs, comme en témoigne une multitude de cofinancements, d’effets leviers, d’interactions, d’initiatives fédératrices, etc.

Le porter à connaissance, la lisibilité et l’accessibilité pour les porteurs de projets restent à améliorer.

IV. Les préconisations des CESER de l’Atlantique

Comment mieux stimuler et accompagner l’innovation dans l’économie maritime et faire en sorte qu’elle contribue au développement des régions de la façade atlantique ? Les CESER de l’Atlantique formulent les propositions suivantes.

Faire connaître l’économie maritime, son potentiel, sa dimension innovante et sa capacité à répondre aux principaux défis sociétaux

La méconnaissance de la réalité de l’économie maritime et de sa capacité d’entraînement est l’un des premiers freins à l’émergence et à la concrétisation de projets innovants dans ce domaine. Il est donc essentiel d’y remédier.

Le préalable est de bien la définir et de mieux la connaître. Disposer d’outils partagés d’observation et de suivi est une nécessité, tant du point de vue quantitatif que qualitatif.

Les CESER de l’Atlantique se félicitent des nombreuses initiatives en cours, de l’échelle locale à l’échelle européenne, visant précisément à qualifier et quantifier l’économie maritime. Ils incitent l’ensemble des acteurs concernés à échanger pour faire converger leurs méthodologies et mutualiser leurs données.

Il faut ensuite donner à voir le potentiel de l’économie maritime et sa dimension innovante, et faire évoluer le regard sur la mer. Pour que la société civile s’approprie pleinement l’enjeu d’une économie maritime innovante, les nombreux initiatives et supports d’éducation à la mer dans toutes ses dimensions (économique, sociale, environnementale) doivent être soutenus et mobilisés : sites de vulgarisation et d’interprétation, évènements nautiques, tourisme industriel, associations, médias, etc. Une attention particulière doit être portée aux jeunes et aux décideurs. Cette diffusion d’une culture de la mer ne doit pas se limiter aux franges littorales, mais bien irriguer l’arrière-pays en profondeur.

Le principal enjeu est de montrer que l’innovation dans l’économie maritime contribue à répondre aux principaux défis sociétaux.

Positionner les régions de la façade atlantique comme des acteurs incontournables de la croissance bleue, dans une dynamique nationale et européenne

Les régions de la façade atlantique doivent d’abord placer la croissance bleue au cœur de leur propre stratégie de développement.

Les CESER de l’Atlantique les invitent à mettre en avant le potentiel et l’enjeu de l’innovation dans l’économie maritime dans les différents exercices de planification stratégique qu’elles auront à mener dans les prochaines années.

Ces orientations stratégiques doivent ensuite être déclinées dans les conventions et les partenariats qui lient les Régions, dans leur fonction de chef de file, aux autres acteurs publics et privés de l’« écosystème » de l’innovation, et notamment les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale.

Elles doivent également se traduire dans les moyens alloués pour soutenir et impulser l’innovation dans l’économie maritime. Il est tout aussi important de confronter ces moyens aux résultats obtenus : il s’agit d’un enjeu d’évaluation des politiques publiques.

Enfin, la volonté d’impulser et de soutenir l’innovation dans l’économie maritime doit s’inscrire dans le cadre plus global d’une politique maritime intégrée, garante de l’équilibre entre les enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

Cette ambition suppose également de renforcer les coopérations interrégionales. Les Régions de la façade atlantique collaborent déjà au sein de programmes, projets et structures qui ont démontré leur pertinence. Mais au vu des enjeux, les CESER de l’Atlantique les incitent à être collectivement plus ambitieuses et à se donner un « cap commun ».

Ils préconisent l’élaboration d’une feuille de route partagée, qui constituerait une première étape vers une stratégie interrégionale en faveur de l’innovation dans l’économie maritime.

Cette feuille de route identifierait des priorités communes, basées sur les complémentarités des régions, sans occulter leur faculté à se différencier sur d’autres sujets et pourrait s’appuyer sur des moyens mutualisés dédiés : appels à projets communs, fonds d’investissement partagés, etc.

Ce positionnement des Régions doit s’inscrire dans une dynamique nationale et européenne.

Elles ont un rôle à jouer pour inciter l’Etat à mettre en œuvre une politique maritime intégrée ambitieuse, s’appuyant sur un portage politique et un pilotage administratif forts.

Elles peuvent encore renforcer leur visibilité et leur force de proposition à l’échelle européenne. Enfin, les porteurs de projets doivent être incités à mobiliser les sources de financements européens, et accompagnés pour ce faire.

Consolider un environnement favorable à l’innovation dans l’économie maritime sous toutes ses formes

Les régions de la façade atlantique constituent un « terreau » propice à l’innovation dans l’économie maritime. Cet environnement peut être rendu encore plus favorable.

Il s’agit d’abord de stimuler l’innovation en renforçant le soutien à la recherche publique, qu’elle soit fondamentale ou appliquée.

Il faut également inciter tous les acteurs qui font l’innovation au décloisonnement de leurs pratiques et favoriser les « croisements » de toutes natures : entre le secteur public et le secteur privé, entre le monde de la recherche et celui des entreprises, entre les secteurs de l’économie maritime, entre l’économie maritime et les autres pans de l’économie, entre les territoires.

Il importe ensuite de donner aux porteurs de projets innovants les moyens de les réaliser, en leur apportant des réponses adaptées aux spécificités maritimes.

Sur le plan financier, cela implique d’inciter les investisseurs privés à s’engager aux côtés des pouvoirs publics, en leur montrant le potentiel et les perspectives de croisement de secteurs qu’offre l’économie maritime.

Pour tester la viabilité de leurs innovations en conditions réelles, les porteurs de projets doivent pouvoir disposer de financements et de sites adaptés pour l’expérimentation en mer.

Il est aussi nécessaire de sécuriser les projets innovants sur le plan juridique, en adaptant le cadre réglementaire pour les expérimentations, en anticipant les contradictions ou les « vides » juridiques, et en aidant les porteurs de projets à protéger leur propriété intellectuelle.

Pour prévenir les risques de conflits d’usage liés aux activités émergentes, une attention particulière doit être portée à la planification de ces usages dans l’espace et dans le temps.

Les CESER de l’Atlantique souhaitent enfin insister sur l’enjeu de la formation, crucial pour permettre l’émergence et la diffusion de l’innovation.

Ils incitent l’ensemble des acteurs concernés à anticiper les besoins en compétences et en qualifications liés à l’innovation dans l’économie maritime, à tous les niveaux.

Pour répondre à ces besoins, une offre de formation adaptée doit ensuite être élaborée, et en permanence réajustée.

En matière de formations maritimes, la façade atlantique dispose d’atouts indéniables, qu’il s’agit de promouvoir à l’échelle nationale et internationale, notamment en améliorant la lisibilité et la visibilité de l’offre de formation.

L’économie maritime foisonne d’innovations, qui contribuent à répondre aux principaux défis sociétaux. Les régions de la façade atlantique ont une réelle capacité à agir pour stimuler et accompagner cette dynamique. Les CESER de l’Atlantique les incitent à s’emparer ensemble de cet « océan d’opportunités », pour faire d’une économie maritime innovante et diversifiée l’un des piliers de leur développement économique et social, dans le respect du fonctionnement des écosystèmes côtiers et marins.

[1] L’économie de l’océan en 2030, OCDE, 2016.

[2] Pôles de compétitivité, Instituts de Recherche Technologique, Instituts pour la Transition Energétique, Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies, Centres Régionaux d’Innovation et de Transfert de Technologie, etc.

[3] Technopoles, Chambres de Commerce et d’Industrie, incubateurs, pépinières d’entreprises, accélérateurs, réseaux d’accompagnement à la création d’entreprises, de business angels, etc.